Alain Claude Bilie By Nze : ses avocats dénoncent une arrestation basée sur un conflit ancien
Depuis le mois d’avril, Alain Claude Bilie By Nze, ancien Premier ministre gabonais et figure de l’opposition, est privé de liberté. Ses défenseurs juridiques révèlent que cette incarcération dépasse désormais les trois mois, motivée selon eux par un différend financier remontant à 2008. Ils dénoncent une procédure judiciaire dénuée de fondement légal.
Selon ses avocats, l’ancien chef du gouvernement est poursuivi pour des accusations d’escroquerie et de détournement de confiance, liées à une somme d’environ 7 600 euros. Le parti Ensemble pour le Gabon, qu’il représente, conteste cette version des faits, soulignant que ces poursuites s’appuient sur un litige privé vieilli de près de deux décennies. Rappelons qu’Alain Claude Bilie By Nze a exercé les fonctions de Premier ministre avant l’arrivée au pouvoir du général Brice Oligui Nguema à l’issue du coup d’État d’août 2023. Il s’est ensuite présenté à l’élection présidentielle organisée par la junte, sans succès.
Des conditions de détention et une procédure remises en cause
Un isolement et une cellule exiguë dénoncés
Les représentants légaux de l’opposant gabonais décrivent une situation carcérale préoccupante. Ils indiquent qu’il est retenu dans un espace de seulement cinq mètres carrés, sans éclairage naturel, au sein d’un établissement pénitentiaire de Libreville. Leurs revendications portent également sur une période d’isolement de 100 jours, qualifiée d’arbitraire et de politiquement motivée.
Autre point de tension : l’accès au dossier judiciaire. Les avocats affirment n’avoir jamais pu consulter les pièces de la procédure, bien que le juge d’instruction ait évoqué leur disparition. Une demande d’annulation du procès, présentée par la défense, a été rejetée début juin par la cour d’appel de Libreville. « Un citoyen est privé de liberté sur la base de documents que ses avocats n’ont jamais pu examiner », a déclaré Me Arthur Vercken, porte-parole de l’équipe juridique.
Cette affaire survient dans un contexte de profonde mutation politique au Gabon. Le coup d’État d’août 2023 a mis fin à plus d’un demi-siècle de gouvernance par la famille Bongo. Depuis, le général Brice Oligui Nguema a été élu président lors d’un scrutin présenté comme une étape vers la restauration d’un régime civil. L’incarcération d’Alain Claude Bilie By Nze s’inscrit ainsi dans cette phase de transition institutionnelle, marquée par des réorganisations majeures.