Le Bénin, une porte d’entrée stratégique pour les investisseurs coréens
Lors d’un entretien exclusif à Séoul, la ministre des Affaires étrangères du Bénin, Corinne Amori Brunet, a souligné les atouts majeurs de son pays pour séduire les entreprises coréennes. Cette rencontre, organisée en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères Afrique-Corée du Sud, a permis d’évoquer des pistes concrètes de coopération économique et industrielle.
Un marché ouest-africain accessible grâce à la stabilité et à la stratégie du Bénin
« Le Bénin n’est pas qu’un petit marché isolé, mais une véritable porte d’entrée vers toute l’Afrique de l’Ouest », a affirmé la diplomate. Elle a mis en avant plusieurs leviers pour attirer les investisseurs coréens : une stabilité politique renforcée, des réformes pro-business et une position géographique avantageuse. Contrairement à d’autres pays africains, le Bénin ne mise pas uniquement sur ses ressources naturelles, mais sur sa capacité à servir de hub logistique et commercial pour la région.
Membre de la CEDEAO et de l’UEMOA, le pays bénéficie d’un accès maritime direct et d’un réseau de distribution bien établi. « Nous privilégions aujourd’hui les partenariats commerciaux et industriels plutôt que l’exploration minière », a-t-elle précisé. La modernisation des infrastructures portuaires et la digitalisation des procédures douanières, comme celles du port de Cotonou, illustrent cette dynamique.
Coopération renforcée avec la Corée du Sud : investissements et échanges culturels
Corinne Amori Brunet a exprimé son souhait de voir les relations entre le Bénin et la Corée du Sud s’intensifier, notamment dans les secteurs des investissements, de l’industrie et de la culture. « Les deux pays partagent une histoire similaire de transformation rapide grâce à la discipline et aux réformes », a-t-elle souligné. Elle a cité les progrès réalisés sous l’administration du président Romuald Wadagni, avec des avancées majeures comme la zone industrielle de Glo-Djigbé et la digitalisation de l’administration publique.
La rencontre à Séoul a marqué un tournant après le sommet Afrique-Corée de 2024, passant des engagements à des actions concrètes. La ministre a également évoqué l’organisation d’expositions culturelles, comme le retour des artefacts béninois pillés lors de la colonisation, et l’idée d’une présentation à Séoul des trésors culturels du Bénin.
Des réformes ambitieuses pour attirer les investissements étrangers
Depuis près de dix ans, le Bénin mène une politique volontariste pour moderniser son économie. Les efforts portés sur la logistique, l’industrie et la simplification administrative visent à attirer davantage d’investisseurs internationaux. « Notre objectif est de créer un écosystème attractif pour les entreprises coréennes qui souhaitent s’implanter en Afrique de l’Ouest », a-t-elle résumé. Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique et de réduction de la dépendance aux matières premières.
En conclusion, Corinne Amori Brunet a réaffirmé la volonté du Bénin de jouer un rôle clé dans les échanges entre l’Afrique et l’Asie, en combinant stabilité, innovation et ouverture aux partenariats gagnant-gagnant.