Bénin : le leadership numérique au cœur du forum panafricain à Rabat

Rabat accueille un sommet clé pour repenser la gouvernance africaine

La capitale marocaine a servi de cadre à une rencontre d’envergure : le 17ᵉ Forum ministériel panafricain du CAFRAD. Avant la tenue de la 61ᵉ session de son Conseil d’Administration, le Bénin a marqué les esprits en exposant sa vision ambitieuse. À travers une digitalisation accélérée et des réformes structurelles audacieuses, Cotonou s’impose comme un exemple de modernisation administrative, déterminé à faire de son administration un catalyseur de croissance économique.

un défi continental : adapter les administrations aux réalités du XXIᵉ siècle

Fondé en 1964, le Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives (CAFRAD) reste une référence incontournable pour repenser les structures étatiques du continent. Cette année, le forum a abordé un thème crucial : le leadership comme levier pour piloter l’action publique dans un monde VICA(P)D. Derrière cet acronyme se cache une nécessité impérieuse : les administrations doivent désormais évoluer dans un environnement marqué par la volatilité, l’incertitude, la complexité, l’ambiguïté et une transformation numérique sans précédent.

Le Bénin, représenté par Rodrigue Chaou, ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget et de la Fonction Publique, a saisi cette opportunité pour confronter ses réformes aux meilleures pratiques africaines. L’objectif ? Faire de l’administration publique un pilier de compétitivité économique et de résilience institutionnelle.

des modèles de leadership public repensés pour des États plus agiles

Les échanges, réunissant ministres, experts et hauts fonctionnaires, ont mis en lumière deux approches complémentaires pour transformer le leadership public.

  • Un leadership agile et préventif
    Le Dr Dieudonné Assouvi, Directeur général du CAFRAD, a présenté une vision prospective du manager public de demain. Dans un contexte instable, les structures bureaucratiques traditionnelles montrent leurs limites. Son plaidoyer ? Adopter un leadership dynamique, capable d’anticiper les crises et de réagir en temps réel pour assurer la continuité de l’État.
  • La souveraineté numérique, clé de l’autonomie des États
    Le Professeur Sehl Mellouli de l’Université Laval au Canada a souligné l’importance cruciale de l’indépendance technologique. À l’ère de l’intelligence artificielle et du cloud souverain, les États africains ne peuvent plus se permettre de dépendre d’infrastructures étrangères. La souveraineté numérique devient ainsi un impératif de sécurité nationale et un levier d’attractivité économique.

le Bénin, champion de la transformation administrative en afrique

Lors de la session dédiée au partage d’expériences, la délégation béninoise a mis en avant ses avancées remarquables en matière de digitalisation des services publics. Une conviction guide cette démarche : une administration moderne est le premier partenaire de l’investissement privé et de la création de richesse.

Depuis plusieurs années, le Bénin a engagé une modernisation accélérée de ses services administratifs. Cette stratégie repose sur un principe simple : simplifier les démarches pour les entreprises réduit les coûts de transaction et améliore significativement le climat des affaires.

Parmi les réalisations phares :

  • La dématérialisation des procédures fiscales et douanières
    En digitalisant la collecte de l’impôt et les formalités douanières, le pays sécurise ses recettes tout en éliminant les lourdeurs bureaucratiques qui freinent les opérateurs économiques.
  • Un guichet unique pour la création d’entreprises
    En quelques heures seulement, il est désormais possible de créer une entreprise en ligne. Cette simplification stimule l’entrepreneuriat des jeunes et attire les investisseurs internationaux.
  • Une transparence accrue grâce à la numérisation
    Les plateformes en ligne réduisent les interactions physiques entre usagers et agents, limitant ainsi les risques de corruption et renforçant la confiance des citoyens envers leurs institutions.

une administration au service des citoyens, inclusive et résiliente

Au-delà des bénéfices économiques, la modernisation administrative portée par le Bénin vise un objectif social : améliorer concrètement le quotidien des populations. L’inclusion numérique a été au cœur des débats, car la transformation digitale ne doit laisser personne de côté.

Pour le gouvernement béninois, la numérisation s’accompagne d’une politique active de décentralisation. Qu’il s’agisse d’obtenir un acte d’état civil, un casier judiciaire ou un document d’identité, la réduction des délais administratifs permet de réintégrer les citoyens dans l’économie formelle. Cette approche garantit l’égalité des chances, des zones urbaines aux régions les plus reculées.

vers une coopération administrative renforcée en afrique

À peine le Forum ministériel clos, les délégations se tournent vers la 61ᵉ session du Conseil d’Administration du CAFRAD. Pour le ministre Rodrigue Chaou et ses homologues, l’enjeu sera de concrétiser les orientations stratégiques en plans d’action concrets.

Les États membres devront notamment :

  • Évaluer les activités du CAFRAD et définir de futurs programmes de formation pour les cadres africains.
  • Renforcer la coopération Sud-Sud en matière d’ingénierie administrative.

En s’investissant activement dans ces instances, le Bénin envoie un signal fort : il ne se contente pas d’adopter des modèles de gouvernance, il contribue activement à leur co-construction. Un message clair pour les partenaires au développement et les investisseurs : à Cotonou, l’État se modernise pour mieux servir ses citoyens et stimuler la croissance.

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