Bénin : les quatre centrales solaires de 62 mwc, un levier pour l’économie locale et la souveraineté énergétique

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Un projet solaire ambitieux pour briser la dépendance énergétique du Bénin

Le Bénin franchit un cap décisif dans sa quête d’autonomie énergétique avec le lancement du projet IPP50. Quatre nouvelles centrales solaires, d’une capacité totale de 62 mégawatts-crête (MWc), vont transformer le paysage énergétique national dès 2028. Réparties entre Natitingou, Djougou, Parakou et Bohicon, ces installations photovoltaïques, financées à hauteur de 45 millions d’euros, promettent de réduire la facture énergétique et de dynamiser l’économie locale.

Natitingou, Djougou, Parakou et Bohicon : des villes au cœur de la révolution solaire

L’implantation stratégique de ces centrales s’inscrit dans une logique de développement territorial équilibré. En injectant 50 MW de puissance en courant alternatif directement dans le réseau national, ces infrastructures permettront non seulement de renforcer l’approvisionnement électrique, mais aussi de soutenir les activités économiques locales. Selon les estimations, environ 383 000 personnes bénéficieront de cette production supplémentaire, tandis que la consommation annuelle de 110 GWh d’électricité renouvelable pourrait augmenter de 17 % la production nationale entre 2028 et 2035.

Un financement international pour sécuriser l’avenir énergétique

Le montage financier de ce projet repose sur une collaboration inédite entre acteurs publics et privés. Sur les 45 millions d’euros nécessaires, 30 millions sont mobilisés grâce à l’intervention de l’IFC (Société financière internationale) et de Proparco, épaulés par la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC-Bénin) et AXIAN Energy. Ce partenariat illustre la confiance accordée au secteur énergétique béninois et ouvre la voie à de nouveaux investissements privés.

Le projet IPP50 s’appuie également sur un modèle de production indépendante d’électricité (IPP), où l’État béninois accorde des concessions pour l’exploitation des centrales, avant de racheter l’énergie produite via des contrats avec la Société béninoise de production d’électricité (SBPE). Une approche qui permet de diversifier les sources de financement tout en garantissant une intégration optimale dans le système électrique national.

Réduction des importations et gains environnementaux : les bénéfices tangibles du projet

L’un des objectifs majeurs de ce programme est de diminuer progressivement la dépendance du Bénin aux importations d’électricité, un enjeu crucial pour la sécurité énergétique du pays. En augmentant la production locale, le gouvernement espère limiter les dépenses liées aux achats extérieurs et mieux anticiper les besoins des ménages et des entreprises. À cela s’ajoute un avantage écologique de taille : la production annuelle de 110 GWh d’électricité renouvelable évitera l’émission de près de 62 000 tonnes de CO₂, renforçant ainsi l’engagement du Bénin dans la lutte contre le changement climatique.

Un impact économique direct sur les populations et les entreprises

Pour les habitants, l’arrivée de ces nouvelles capacités de production se traduira par une électricité plus accessible et plus fiable, facilitant le commerce, la conservation des denrées alimentaires et les activités artisanales. Les entreprises, quant à elles, profiteront d’un environnement plus compétitif, avec des coûts énergétiques réduits et une meilleure disponibilité de l’électricité, essentielle pour les usines de transformation et les futures zones industrielles.

2028 : Un rendez-vous crucial pour concrétiser les promesses

La signature des accords de financement marque une étape clé, mais c’est en 2028 que le projet sera réellement testé. La mise en service des quatre centrales, initialement prévue pour le premier trimestre, devra être suivie d’une phase d’intégration dans le réseau national. Les défis à relever incluent la rapidité d’exécution des travaux, le raccordement sans faille aux infrastructures existantes et la garantie d’une exploitation durable des sites. Sans une distribution efficace, les bénéfices attendus qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux pourraient être compromis.

Vers un mix énergétique plus diversifié et résilient

Le projet IPP50 s’inscrit dans une stratégie énergétique plus large, qui combine développement solaire, investissements thermiques et modernisation des infrastructures. Avec la centrale photovoltaïque d’Illoulofin (50 MW) et les nouvelles capacités thermiques de Maria-Gléta, le Bénin diversifie son bouquet énergétique pour mieux répondre aux exigences de sa croissance démographique et industrielle. Ces initiatives visent à atteindre, d’ici 2030, un taux d’électrification de 70 %, une part de 30 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique et l’accès à l’électricité pour 928 000 foyers supplémentaires.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est de construire un système énergétique capable d’accompagner durablement les ambitions du pays. Une énergie disponible, fiable et compétitive est indispensable pour concrétiser les objectifs d’industrialisation, de création d’emplois et de transformation locale des ressources. Avec IPP50, le Bénin écrit une nouvelle page de sa transition énergétique, où innovation, partenariats et vision stratégique se combinent pour façonner un avenir plus autonome et prospère.

Par Adama Traoré — Journaliste

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