Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption

Le gouvernement de transition, mené par le capitaine Ibrahim Traoré, a révélé l’existence d’un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Des magistrats, interpellés en octobre, sont accusés d’avoir manipulé des décisions judiciaires en échange de rémunérations illicites.

Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

Des dysfonctionnements majeurs au cœur de la justice burkinabè 

Une dizaine de hauts magistrats du Burkina Faso, comprenant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour corruption. Cette information a été confirmée par un communiqué des autorités consulté récemment. Ces arrestations, survenues au cours du mois d’octobre, résultent d’une série d’auditions qui ont mis en lumière un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag, l’entité chargée de la « révolution progressiste populaire » promue par le régime militaire, a précisé ces détails.

Des sommes considérables au centre de l’affaire 

Selon le porte-parole, des « importantes sommes d’argent ont été engagées pour des actes de corruption et d’influence », ayant conduit à des instructions judiciaires biaisées et des jugements partiaux. Une affaire particulière, impliquant une dizaine de douaniers qui avaient été relaxés après un non-lieu, est mise en cause. Le Korag dénonce une « mascarade judiciaire » et considère que cette décision « fragilise la lutte contre la corruption » dans le pays.

Le régime militaire promet un renforcement de la fermeté 

Le régime du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis 2022 et inspiré par Thomas Sankara, a fait de la lutte contre la corruption un pilier central de sa politique. Le capitaine Sorgho a réaffirmé : “Nous accentuerons la lutte contre la corruption et l’impunité des acteurs judiciaires”, tout en pointant un « grave dysfonctionnement dans la chaîne de justice ». Le régime militaire, souvent critiqué pour la répression des voix dissidentes, cherche à travers cette action à démontrer sa détermination face à des dérives internes qui pourraient nuire à son image publique.

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