La C64 ajourne sa manifestation et exige un dialogue sous 25 jours
Les leaders de la Coalition Article 64 (C64) ont annoncé, ce lundi 20 juillet à Kinshasa, le report de la marche prévue ce mercredi 22 juillet devant le Palais de la Nation. Cette décision intervient après l’appel lancé par la CENCO et l’ECC pour privilégier le dialogue, ainsi que l’engagement pris par le Président Félix Tshisekedi d’organiser une rencontre inclusive sous 25 jours.
Un report motivé par l’espoir d’un dialogue constructif
Dans un communiqué signé par Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata (LGD) et Delly Sesanga (Envol), la C64 explique que ce délai supplémentaire permettra d’évaluer les avancées concrètes du pouvoir en place. La Coalition retient notamment l’engagement du Chef de l’État à organiser un dialogue national inclusif, apaisé et républicain, respectueux des institutions et de la Constitution.
Cette initiative est saluée comme un geste de responsabilité par les dirigeants de la C64, qui précisent que le report ne signifie en rien un abandon de leurs revendications. Ils rappellent avec fermeté que la limitation à deux mandats présidentiels est un principe constitutionnel intangible (articles 70 et 220).
Des conditions strictes pour la tenue du dialogue
La C64 pose plusieurs exigences pour la réussite de cette démarche :
- Une convocation officielle du dialogue national inclusif sous 25 jours (soit avant le 15 août 2026) pour aborder :
- Les causes profondes de la crise politique et sécuritaire
- L’insécurité persistante dans l’Est du pays
- Les défis économiques et sociaux
- Les réformes nécessaires à la réunification nationale
- Des mesures de confiance pour apaiser les tensions entre les acteurs politiques
Les leaders de la Coalition mettent en garde le pouvoir contre toute tentative de manipulation, citant explicitement l’éventualité d’une réforme constitutionnelle ou d’un référendum non consenti par la population. Ils soulignent que la responsabilité du processus repose désormais entièrement sur les épaules du Président Tshisekedi et de son gouvernement.
Un ultimatum clair : dialogue ou mobilisation citoyenne
La C64 fixe un ultimatum au 15 août 2026 : si le dialogue n’est pas officiellement lancé d’ici là, ou si les promesses restent lettre morte, la Coalition se réserve le droit de réévaluer sa stratégie et d’appeler à une mobilisation populaire pacifique. En attendant cette échéance, toutes les structures de la C64, en RDC et à l’étranger, restent en alerte maximale.
Cette décision marque un tournant dans la crise politique congolaise, alors que les tensions persistent entre l’opposition et le pouvoir en place. La balle est désormais dans le camp de la Présidence, qui devra démontrer sa bonne foi pour éviter une escalade des tensions.