Chef junte Niger pointe doigt vers la France après attaque Niamey

La junte militaire au pouvoir au Niger a récemment accusé la France d’être impliquée dans une attaque perpétrée contre l’aéroport de Niamey, la capitale nigérienne. Dans un communiqué télévisé, le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État, a également salué le soutien de la Russie lors de la riposte engagée contre les assaillants. Selon les autorités nigériennes, vingt mercenaires auraient été neutralisés lors de cette opération, dont un Français.

Niamey, point stratégique du pays, abrite non seulement des infrastructures militaires essentielles, mais aussi une cargaison d’uranium estimée à plus de 1 000 tonnes. Ce stock, au cœur d’un conflit avec le géant français Orano, soulève des questions sur les enjeux géopolitiques et économiques en jeu.

Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Modi, a précisé que l’attaque, menée par un groupe de mercenaires, a duré une trentaine de minutes avant d’être stoppée par une riposte aéroterrestre. Quatre militaires ont été blessés, tandis que des armes et équipements ont été récupérés. Malgré ces déclarations officielles, plusieurs observateurs restent sceptiques quant à l’hypothèse d’une attaque terroriste, aucun groupe djihadiste ne l’ayant revendiquée à ce jour.

Un aéroport sous haute tension

L’aéroport de Niamey n’est pas un simple lieu de transit. Il héberge :

  • la base aérienne 101 de l’armée de l’air nigérienne ;
  • une base de drones récemment construite ;
  • le quartier général de la Force unifiée NigerBurkina FasoMali, une alliance militaire visant à lutter contre les groupes armés dans la région du Sahel.

Ce site est également le théâtre d’un contentieux entre le Niger et Orano, l’entreprise française spécialisée dans le nucléaire. Le géant français accuse l’État nigérien d’avoir exproprié ses activités liées à l’uranium, une ressource stratégique au cœur de tensions économiques et politiques.

Les accusations nigériennes contre la France

Le général Tiani a directement pointé du doigt trois dirigeants africains qu’il qualifie de « sponsors » des assaillants : le président français Emmanuel Macron, ainsi que les présidents béninois Patrice Talon et ivoirien Alassane Ouattara. Dans un discours martial, il a déclaré : « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent maintenant à nous écouter. » Ces propos illustrent la dégradation des relations diplomatiques entre le Niger et Paris, déjà fragilisées depuis le coup d’État de 2023 qui a porté la junte au pouvoir.

L’attaque survient dans un contexte de montée des tensions diplomatiques et militaires au Sahel, où plusieurs pays de la région, dont le Mali et le Burkina Faso, ont rompu leurs alliances traditionnelles avec la France pour se tourner vers d’autres partenaires, notamment la Russie.

Uranium : un enjeu économique et géopolitique

Le stock d’uranium de Niamey, estimé à 1 000 tonnes, est un atout économique majeur pour le Niger, mais également un sujet de discorde avec Orano. L’entreprise française, qui exploitait historiquement ces ressources, dénonce une expropriation illégale et menace de saisir la justice internationale. Ce bras de fer pourrait avoir des répercussions sur le marché mondial du nucléaire et les relations entre les deux pays.

Face à cette situation complexe, les autorités nigériennes appellent à la prudence et à une analyse approfondie des événements. Les observateurs internationaux, quant à eux, restent attentifs aux développements de cette crise, qui pourrait redéfinir les équilibres politiques et économiques en Afrique de l’Ouest.

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