Côte d’Ivoire : la FIJ et la FAJ dénoncent l’ingérence politique contre l’UNJCI

Le 20 février dernier, le paysage médiatique en Côte d’Ivoire a été marqué par une décision judiciaire suspendant le Congrès ordinaire de l’UNJCI (Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire). Cette mesure, issue d’une procédure en référé lancée par un collectif de journalistes, visait à bloquer le renouvellement des instances dirigeantes. Face à cette situation, l’UNJCI a immédiatement engagé une procédure d’appel.

Pour pallier l’expiration des mandats prévue le 26 février et éviter toute paralysie de l’institution, un Congrès extraordinaire a été convoqué le 25 février. Lors de cette session, les délégués ont voté la prolongation des mandats en cours, assurant ainsi la continuité de l’organisation. Malgré cette démarche légale, des tensions et des actes de violence ont éclaté à l’issue du scrutin.

Une volonté de préserver l’indépendance des journalistes

Le président de l’UNJCI, Jean Claude Coulibaly, a défendu cette initiative : « Nous avons pris acte de la suspension de notre 12ᵉ Congrès, mais il était impensable de laisser l’organisation dans un vide juridique. Cette prorogation est un acte de responsabilité. L’UNJCI appartient aux journalistes ivoiriens et ne doit subir aucune tutelle extérieure. »

Cette position est fermement soutenue à l’échelle continentale. Omar Faruk Osman, président de la FAJ, voit dans ces obstacles une attaque directe contre la liberté syndicale. Il rappelle que les autorités politiques ne doivent en aucun cas peser sur les choix internes des organisations de presse, conformément aux traités internationaux ratifiés par la Côte d’Ivoire.

Vers une plainte internationale

L’affaire prend désormais une dimension mondiale. Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, dénonce une intrusion inacceptable dans la vie syndicale. Il a annoncé son intention de saisir l’Organisation internationale du travail (OIT) pour porter plainte contre l’État ivoirien. Pour la FIJ, l’autonomie des syndicats est un principe fondamental et non négociable.

En conclusion, la FIJ et la FAJ pressent le gouvernement de Côte d’Ivoire de respecter l’autonomie de l’UNJCI et de garantir un environnement sécurisé pour que les journalistes puissent tenir leur prochain congrès en toute liberté.

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