Côte d’Ivoire : vers une énergie durable avec le pilotage du pacte national

Le Comité de pilotage du Pacte national énergie a tenu sa première réunion ce mardi 4 août 2026 dans les locaux de la SCIAM à Abidjan. Sous la présidence du Ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane DiarraSSouba, cette rencontre a rassemblé plusieurs hauts responsables, dont le Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ainsi que des collaborateurs du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget. L’objectif ? Valider le suivi des actions engagées et tracer la voie pour mobiliser des ressources en faveur des projets énergétiques prioritaires.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Mission 300, un programme ambitieux porté par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Son but : offrir un accès universel à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici 2030. La Côte d’Ivoire, choisie comme pays modèle pour cette mission, a officiellement adopté son Pacte national énergie en janvier 2025. Ce document stratégique a été présenté par le Premier Ministre Robert Beugré Mambé lors du sommet des chefs d’État africains sur l’énergie à Dar es Salaam, en Tanzanie. À ce jour, 29 États africains disposent d’un pacte similaire.

Le budget alloué à la mise en œuvre du pacte ivoirien s’élève à 6,56 milliards de dollars, soit environ 3 980 milliards de francs CFA pour la période 2025-2030. Parmi ces fonds, 1 177 milliards de francs CFA sont attendus d’investisseurs privés. La gouvernance du projet repose sur trois piliers : un comité de pilotage, un comité technique et une cellule de coordination dédiée.

Les quatre piliers du Pacte national énergie

Lors de l’ouverture des travaux, le Ministre du Plan et du Développement a rappelé les ambitions du Pacte :

  • Garantir un accès universel à l’électricité pour tous les Ivoiriens ;
  • Favoriser l’adoption de solutions de cuisson propres pour les ménages ;
  • Atteindre une part de 45 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique national ;
  • Assurer la viabilité financière du secteur énergétique.

Il a également souligné l’alignement du Pacte sur le Plan National de Développement, qui sert de référence pour les politiques publiques, ainsi que sur le 7ᵉ Objectif de Développement Durable des Nations unies. L’énergie, a-t-il rappelé, constitue un levier essentiel pour le développement économique et social du pays.

Des résultats encourageants avant l’échéance 2030

Le rapport présenté au Comité révèle une progression significative des indicateurs. En 2025, la Côte d’Ivoire a raccordé 684 735 nouveaux ménages, soit près de 3,6 millions de personnes, dépassant de 105,3 % sa cible annuelle. Depuis 2024, ce sont 7,7 millions d’Ivoiriens qui ont bénéficié de l’électricité, sur un objectif de 17 millions d’ici 2030. Le taux d’accès national à l’électricité atteint désormais 81,1 %, confirmant une dynamique positive.

Un portefeuille de projets ambitieux

Pour la période 2026-2030, le Comité a identifié un portefeuille d’investissements prioritaires évalué à près de 2 840 milliards de francs CFA. Ces projets, actuellement en quête de financements, visent à accélérer la transition énergétique du pays.

Une intégration régionale renforcée

Le système électrique ivoirien est l’un des plus robustes d’Afrique de l’Ouest. Le pays joue un rôle clé dans les échanges régionaux d’électricité et les projets inscrits au Pacte contribueront à consolider le marché ouest-africain de l’énergie. Cette collaboration sous-régionale est un atout majeur pour atteindre les objectifs fixés.

Les nouvelles échéances fixées par le Comité seront strictement suivies pour garantir l’avancement des actions restantes. Une mobilisation continue des ressources et des partenariats sera essentielle pour concrétiser ces ambitions.

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