Crédits spéciaux au Sénégal : ousmane sonko et pastef bloquent les amendements de diomaye faye

Crédits spéciaux au Sénégal : Ousmane Sonko inflige un camouflet à Bassirou Diomaye Faye

Crédits spéciaux au Sénégal : Ousmane Sonko inflige un camouflet à Bassirou Diomaye Faye

Une nouvelle passe d’armes s’est jouée à l’Assemblée nationale entre l’exécutif et le législatif. La commission des Finances a examiné en urgence la proposition de loi sur les crédits spéciaux, déclenchant une confrontation sans précédent.

L’Assemblée nationale sénégalaise s’est transformée en arène politique ce jeudi. Après les tensions autour de la déclaration de patrimoine, c’est désormais la proposition de loi encadrant les crédits spéciaux qui fait l’objet de vives discussions. L’exécutif, représenté par Me Moussa Sarr, a tenté d’imposer six amendements majeurs. Résultat ? Tous ont été rejetés par les députés de Pastef, démontrant une fois de plus les fractures entre les deux pouvoirs.

Un gouvernement en minorité face à la commission des Finances

La proposition de loi, portée par des députés de Pastef, vise à encadrer strictement l’utilisation des crédits spéciaux. Ces fonds, souvent opaques, doivent selon eux financer exclusivement la défense, la sécurité intérieure et extérieure, ainsi que les activités de renseignement. Mais l’exécutif souhaite élargir leur champ d’application.

C’est dans ce contexte que Bassirou Diomaye Faye a surpris tout le monde. Plutôt que d’envoyer le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, il a désigné Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, pour représenter le gouvernement. Un choix stratégique qui a semé le trouble dès l’ouverture des débats.

Dès 15h, la commission des Finances, présidée par Cherif Ahmed Dicko, a commencé ses travaux. Me Moussa Sarr a immédiatement pointé des incohérences dans le texte initial, avant de déposer ses six amendements. Les députés de Pastef, suspicieux, ont demandé une pause pour examiner les propositions. Après des échanges houleux, ils sont revenus avec une réponse claire : « Tout a été rejeté ».

Les amendements refusés : un bras de fer sur la définition des crédits spéciaux

Parmi les propositions rejetées, celle concernant l’élargissement des bénéficiaires des crédits spéciaux. L’exécutif souhaitait inclure la présidence de la République, l’Assemblée nationale et la Primature. Les députés de Pastef ont refusé catégoriquement, estimant que ces institutions disposent déjà de budgets dédiés.

Autre point de discorde : la définition même des crédits spéciaux. Pour les députés, ils doivent se limiter aux dépenses de défense et de sécurité. Mais l’exécutif veut y ajouter la préservation de l’ordre social, les valeurs africaines de solidarité, et même les situations d’urgence humanitaire. Une divergence majeure qui illustre les tensions autour de la gestion des finances publiques.

Seul un amendement a trouvé grâce aux yeux des parlementaires : celui proposé par Alphonse Mané Sambou. Il renforce le contrôle parlementaire en confiant la vérification des crédits spéciaux à la commission des Finances, plutôt qu’à une simple procédure administrative.

Vers un nouveau conflit constitutionnel ?

La proposition de loi a finalement été adoptée en commission, mais l’exécutif n’a pas dit son dernier mot. Me Moussa Sarr pourrait invoquer l’article 82 lors de la séance plénière de la semaine prochaine, déclenchant un vote bloqué. Une stratégie déjà utilisée par le passé, mais que Ousmane Sonko, président de l’Assemblée, a prévenu qu’il contesterait devant le Conseil constitutionnel.

Les prochains jours s’annoncent décisifs. Si l’exécutif persiste, une nouvelle crise institutionnelle pourrait éclater, avec des répercussions sur la gouvernance du pays.

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