Crise alimentaire au Mali : blocus jihadiste et refus de négocier

Blocus au Mali : des milliers de vies en danger face à la famine et à l’impasse politique

Le Mali traverse une crise humanitaire sans précédent alors que des groupes armés jihadistes maintiennent un blocus strict sur plusieurs régions. Face à cette situation dramatique, le gouvernement de transition dirigé par Abdoulaye Diop exclut catégoriquement toute négociation avec ces factions, qualifiées de « terroristes sans foi ni loi ». Une position ferme qui aggrave les tensions et plonge la population dans une précarité extrême.

famine au Mali due au blocus jihadiste

Stratégie militaire au lieu de dialogue : les autorités maintiennent leur ligne dure

Le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop, a réaffirmé devant le corps diplomatique que le gouvernement n’envisagerait aucune discussion avec les groupes armés. « Je dois clarifier que le gouvernement n’envisage pas de dialogue avec les groupes armés terroristes, sans foi ni loi, qui portent la responsabilité des événements tragiques que vivent nos populations depuis des années », a-t-il déclaré. Cette intransigeance s’accompagne d’un renforcement des moyens militaires, avec l’arrivée récente de nouveaux équipements en provenance de Russie, comme le confirme notre correspondant régional Serge Daniel.

Sur le terrain, les forces gouvernementales et les mercenaires russes se concentrent sur la reprise de la ville de Kidal, actuellement sous contrôle jihadiste. Après avoir abandonné temporairement deux localités de la région, ils ont consolidé leur présence à Aguelok, autre ville stratégique de la zone.

Blocus jihadiste : la population asphyxiée par l’absence de vivres et de soins

Dans le centre du pays, à Diafarabé (région de Mopti), le blocus imposé par le groupe Jnim depuis mai 2025 a plongé les habitants dans une situation humanitaire catastrophique. Les denrées de première nécessité et les médicaments viennent à manquer, tandis que les soins médicaux deviennent de plus en plus rares. Les tentatives d’approvisionnement par voie fluviale, autrefois possibles malgré les risques, sont désormais impossibles en raison de la surveillance accrue des jihadistes.

Un habitant de Diafarabé témoigne sous couvert d’anonymat : « Personne ne rentre, personne ne sort. Le blocus est total. Tout ce que nous avions ici comme vivres est épuisé. C’est la famine qui s’installe. Nous avons échangé avec les responsables du détachement militaire. Ils nous ont promis de nous envoyer des vivres par un convoi prochainement, mais nous attendons toujours. Et cet échange est intervenu après une manifestation des jeunes et des femmes. Là, c’est vraiment le désespoir ! Il n’y a plus rien ! Avant, pendant la période de crue, nous parvenions à faire entrer des vivres par voie fluviale, petit à petit, malgré tous les risques qu’il y avait. Moi-même, j’ai pris une balle lors d’une de ces tentatives. J’ai eu un bras fracturé. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Mais ici, c’est la survie totale. Notre seul souhait, c’est d’avoir à manger. C’est tout ce que nous voulons pour l’instant. »

Malgré les appels à l’aide lancés sur les réseaux sociaux, aucune réponse concrète des autorités n’a été observée. Les habitants de Diafarabé vivent dans un isolement total, confrontés à la peur, aux pénuries et à l’épuisement physique.

Priorités nationales : libérer les axes routiers et sécuriser les populations

Au-delà de Diafarabé, le blocus affecte plusieurs régions du Mali, où des centaines de véhicules et de passagers restent bloqués sur les axes routiers. Les jihadistes ciblent notamment les routes menant vers Bamako, aggravant la crise logistique et économique du pays. La reprise des axes stratégiques est devenue une priorité absolue pour éviter une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur.

Face à cette situation, la communauté internationale reste en alerte, mais aucune solution immédiate ne semble se dessiner. Le refus catégorique du gouvernement de négocier avec les groupes armés laisse présager une escalade des violences et une détérioration continue des conditions de vie des populations civiles.

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