La vie chère au Tchad : quand 2 000 francs cfa par jour ne suffisent plus
Dans les foyers tchadiens, 2 000 francs CFA quotidiens représentent le seuil minimal pour survivre. Pour une famille de cinq ou six membres, cela équivaut à seulement 375 francs CFA par personne. Mais que reste-t-il vraiment dans l’assiette ?
Le sociologue Remadji Ngaba décrit une réalité alarmante : les protéines disparaissent en premier, suivies des légumes. La survie devient le mot d’ordre, au détriment d’une alimentation équilibrée. Les enfants, privés de nutriments essentiels, voient leur croissance compromise. Le Tchad paie le prix fort de cette situation.
Le poids de la cherté de vie : qui en souffre le plus ?
Face à l’inflation des prix, le sociologue pointe du doigt une catégorie de la population particulièrement touchée : les femmes. Elles portent la responsabilité du foyer, et lorsque les denrées deviennent inaccessibles, c’est sur elles que retombe la pression. Leurs lamentations au retour du marché ne sont pas des exagérations, mais le reflet d’une souffrance quotidienne.
Les autorités, selon Remadji Ngaba, n’exercent aucun contrôle durable sur les prix. Les mesures ponctuelles se révèlent inefficaces : les prix repartent à la hausse dès que l’attention se relâche. La résilience des Tchadiens, bien que remarquable, ne suffit plus à masquer l’urgence de la situation.
Une terre fertile, mais un pays qui a faim
Le Tchad dispose de 33 millions d’hectares de terres cultivables, couvrant un territoire de 1 284 000 km². Pourtant, la malnutrition persiste. La cherté de vie frappe d’abord les villes, où tout s’achète à prix d’or. Mais les zones rurales ne sont pas épargnées : paysans et éleveurs subissent des menaces constantes.
Les conflits entre ces deux groupes bloquent la production locale, privant les marchés urbains de denrées abordables. Protéger les agriculteurs et les éleveurs est devenu une nécessité, car on ne peut pas tous s’entasser à N’Djamena, où la sécurité est précaire.
SMIG inchangé depuis 2011 : un salaire qui ne suit pas l’inflation
Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) reste figé à 60 000 francs CFA, un niveau inchangé depuis plus d’une décennie. Pendant ce temps, les prix ont doublé. À N’Djamena, une chambre décente coûte entre 20 000 et 25 000 francs CFA. Entre loyer, électricité et charges, le salaire fond comme neige au soleil.
Des solutions concrètes pour lutter contre la vie chère
Remadji Ngaba propose une approche pragmatique : subventionner les projets agricoles, valoriser les ressources en eau et surtout, mettre en place un suivi régulier des prix sur les marchés. Les dirigeants doivent agir davantage, car ils voient comment d’autres pays améliorent le quotidien de leur population.