Un chercheur de Sciences Po Bordeaux décrypte, lors d’une conférence organisée à Saint-Pierre-d’Oléron, l’évolution récente des systèmes politiques en Afrique.
Depuis 2020, le continent africain a connu une vague sans précédent de changements de pouvoir par la force. Neuf coups d’État ont ainsi renversé des gouvernements issus de processus électoraux, installant à leur place des juntes militaires. Parallèlement, les pays africains réaffirment leur souveraineté en se tournant vers le « Sud global », tout en questionnant ouvertement le modèle démocratique occidental. Cette orientation s’accompagne d’une montée en puissance des régimes qualifiés d’illibéraux, où les libertés individuelles et le pluralisme politique sont souvent restreints.
L’héritage du discours de La Baule, prononcé par François Mitterrand en 1990, a longtemps servi de cadre à la coopération entre l’Afrique et l’Europe. Pourtant, cette dynamique a parfois engendré des dérives ou des résistances, allant jusqu’à un rejet partiel de l’ingérence démocratique occidentale. Les défis actuels invitent à repenser les fondements de la gouvernance sur le continent.