Crise diplomatique entre espagne et Maroc : le pp exige des comptes sur sebta et melilla

Crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc : le Parti populaire exige des comptes sur Sebta et Melilla

L’afflux migratoire massif vers Sebta fin juillet a ravivé les tensions entre Madrid et Rabat. Les propos du ministre marocain de la Justice sur le statut des deux enclaves espagnoles plongent le gouvernement espagnol dans une tourmente politique.


Madrid, Espagne — 14 août 2026

Jaime de los Santos

Jaime de los Santos

La crise migratoire qui a secoué Sebta à la fin du mois de juillet a ravivé un vieux conflit diplomatique. Abdellatif Ouahbi, ministre marocain de la Justice, a relancé la polémique en affirmant que Rabat souhaitait engager des négociations avec Madrid sur le statut de Sebta et Melilla, deux villes espagnoles situées en territoire marocain selon sa vision.

Le ministre a également pointé du doigt la gestion par l’Espagne de la crise migratoire, notamment le retour des mineurs marocains non accompagnés. Il a rappelé que le Maroc ne pouvait assumer seul le rôle de « gendarme migratoire » pour l’Europe, soulignant ainsi les tensions sous-jacentes entre les deux pays.

Face à ces déclarations, le Parti populaire (PP) a décidé de passer à l’offensive. Les conservateurs espagnols exigent désormais que le gouvernement de Pedro Sánchez convoque immédiatement l’ambassadrice du Maroc pour des consultations officielles. Une décision motivée par les positions récentes de Rabat sur les enclaves espagnoles et par la gestion de l’afflux migratoire.

Lors d’une visite à Barcelone, Jaime de los Santos, député populaire, a mis en lumière l’incohérence de l’exécutif espagnol. Il a rappelé que Madrid n’avait pas hésité à convoquer l’ambassadeur d’Italie après la suspension de l’accord de Schengen par Rome. Une comparaison qui interroge sur l’absence de réaction similaire envers le Maroc, alors que la situation à Sebta et les déclarations d’Abdellatif Ouahbi auraient, selon lui, justifié une telle démarche.

Le PP ne se contente pas de cette exigence. Le parti a également déposé une série de questions écrites au Congrès des députés, demandant au ministre de la Présidence et de la Justice, Félix Bolaños, de s’expliquer sur les échanges récents avec son homologue marocain. Les conservateurs veulent notamment connaître les suites données aux propos d’Ouahbi concernant le statut des deux enclaves.

Un autre point de friction : la menace, selon le PP, de Rabat de suspendre l’accord d’extradition entre les deux pays. Un instrument jugé essentiel par les conservateurs pour organiser le retour des migrants ayant franchi la clôture frontalière.

Le dossier reste donc ouvert, opposant une opposition déterminée à un gouvernement qui, pour l’instant, n’a pas cédé aux pressions de la droite.

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