Découverte cryptographique : claude fragilise les algorithmes HAWK et AES

Découverte cryptographique : Claude fragilise les algorithmes HAWK et une version réduite d’AES

Une avancée majeure en cybersécurité vient d’être rendue publique par l’équipe Frontier Red Team d’Anthropic. Leurs travaux révèlent des vulnérabilités dans deux algorithmes de chiffrement : HAWK, un schéma de signature post-quantique, et une version simplifiée d’AES. Ces découvertes, bien que théoriques, soulèvent des questions sur l’évolution des menaces dans l’univers de la cryptographie moderne.

Publiées le 28 juillet 2026, ces recherches montrent que l’intelligence artificielle peut désormais contribuer activement à l’identification de failles complexes dans des protocoles cryptographiques établis. Cependant, les conséquences pratiques restent limitées pour l’instant.

HAWK, le faucon post-quantique aux ailes brisées

HAWK était jusqu’à présent considéré comme un sérieux candidat pour les futurs standards de signature numérique résistant aux attaques quantiques. Sélectionné par le NIST américain après deux années d’évaluation rigoureuse, il bénéficiait d’une solide réputation parmi les experts en cryptographie.

Les chercheurs d’Anthropic ont démontré qu’une préversion de leur modèle Mythos pouvait identifier une faille majeure dans l’algorithme. En exploitant une symétrie géométrique jusqu’alors insoupçonnée, l’équipe a réussi à diviser par deux la complexité nécessaire pour retrouver une clé privée. Sur la variante HAWK-256, la complexité est passée de 2⁶⁴ à seulement 2³⁸ opérations. En pratique, cette attaque a permis d’extraire une clé secrète en moins de quatre heures sur un serveur standard équipé de 96 cœurs.

Cette vulnérabilité rend l’algorithme inutilisable dans sa forme actuelle. Pour compenser cette faille, les concepteurs auraient dû doubler la taille des clés et des signatures, sacrifiant ainsi l’avantage principal de HAWK : sa légèreté de calcul. Face à cette impasse, l’équipe de développement a officiellement retiré HAWK du processus de sélection du NIST dès le 29 juillet 2026.

Une version réduite d’AES mise à mal par une technique innovante

L’autre cible de ces recherches était une version simplifiée de l’algorithme AES-128, limitée à sept tours de transformation au lieu des dix prévus par la norme. Bien que cette version affaiblie ne soit utilisée qu’à des fins académiques, elle permet de tester les limites théoriques de la robustesse du chiffrement symétrique.

Les scientifiques ont mis au point une méthode d’attaque inédite, baptisée « Pont de Möbius », intégrée à une attaque par rencontre au milieu (meet-in-the-middle). Cette innovation élimine une étape de recherche exhaustive, accélérant les attaques existantes d’un facteur compris entre 200 et 800. Pourtant, malgré cette avancée, la version complète d’AES-128, avec ses trois tours supplémentaires, reste parfaitement sécurisée.

Selon l’ANSSI, pour une sécurité post-quantique optimale, il est recommandé de passer à des clés symétriques de 192 bits, voire 256 bits, sans que cela n’impacte significativement les performances. AES-192 ne montre qu’un surcoût marginal par rapport à AES-128, tout en offrant une protection renforcée.

L’intelligence artificielle au service de la cryptanalyse

Ces découvertes soulignent l’émergence d’un nouveau paradigme : les modèles de langage peuvent désormais assister les cryptanalystes dans la découverte de failles complexes. Cependant, ce progrès s’accompagne de défis inédits.

La recherche sur HAWK a nécessité environ 60 heures de calcul pour un coût estimé à 100 000 dollars en utilisant les outils commerciaux d’Anthropic. Pour l’attaque sur la version réduite d’AES, le modèle Mythos a même dû être « rééduqué » pour surmonter ses réticences initiales, refusant initialement de travailler sur un algorithme aussi éprouvé. Une fois cette résistance surmontée, le modèle a généré près d’un milliard de jetons pour concevoir une méthode d’attaque inédite.

Avant toute publication, les résultats ont fait l’objet d’une vérification rigoureuse par deux chercheurs pendant un mois. Cette étape cruciale a permis d’éliminer les éventuelles hallucinations du modèle et de valider chaque étape mathématique de l’attaque.

Un nouveau défi pour la communauté cryptographique

Si ces découvertes n’ont aucun impact immédiat sur les systèmes en production, elles révèlent un changement de paradigme majeur. Le véritable défi ne réside plus dans la capacité à trouver des failles, mais dans la capacité à les analyser, les valider et y répondre efficacement.

Les équipes de cybersécurité sont désormais confrontées à une avalanche de vulnérabilités potentielles générées par les modèles d’IA. Les correctifs pour des logiciels comme Firefox, Windows ou les systèmes Apple se multiplient, mettant à rude épreuve les ressources humaines disponibles.

Cette situation illustre un déplacement du goulot d’étranglement : la détection des failles devient plus rapide que leur analyse et leur correction. Anthropic évoque déjà d’autres découvertes en cours, laissant présager une série de publications similaires dans les mois à venir.

En conclusion, si ces vulnérabilités ne menacent pas directement les infrastructures actuelles, elles marquent un tournant dans l’histoire de la cryptographie. L’intelligence artificielle, autrefois perçue comme une menace pour la sécurité, devient un outil indispensable pour anticiper et contrer les risques futurs.

Retour en haut