Déplacés du centre du Mali : Kouakourou vidée, des vies en suspens
Deux semaines après l’ultimatum lancé par des groupes armés, des milliers de Maliennes et de Maliens ont fui Kouakourou, une localité du centre du pays. Leur exode précipité les a contraints à vivre dans des conditions de grande vulnérabilité, sans perspective immédiate de retour.
L’arrivée des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, dans le camp militaire de Kouakourou a marqué un tournant. Les jihadistes ont imposé un départ immédiat à la population, entraînant le déplacement de près de 5 000 personnes. Ces familles ont trouvé refuge dans des villes comme Djenné, Bamako ou Mopti, où l’accueil reste marqué par des ressources limitées.
Un hébergement de fortune et des besoins urgents
À Mopti, plus de 400 déplacés ont été accueillis dans une école mise à disposition par les autorités locales. Mais l’espace manque cruellement : les salles de classe servent de dortoirs, et certaines familles sont contraintes de dormir dans la cour en raison de l’étroitesse des lieux. Les pluies récentes ont aggravé leur situation, les obligeant à se regrouper à l’intérieur pour se protéger.
Malgré les distributions d’aide alimentaire organisées par des donateurs et la mairie, les besoins restent immenses. Les habitants dénoncent non seulement l’absence de confort, mais aussi la perte de leurs biens et de leurs moyens de subsistance. Beaucoup n’ont pu emporter que les vêtements qu’ils portaient, tandis que leurs téléphones et autres objets de valeur ont été saisis par les groupes armés.
L’agriculture en péril et l’espoir d’un retour incertain
Ce déplacement s’ajoute à une période critique pour les cultures. La fuite des habitants coïncide avec la campagne agricole, mettant en péril les récoltes et les revenus de nombreuses familles. Pour ces déplacés, le retour à Kouakourou représente l’unique perspective, mais les conditions sécuritaires actuelles rendent cette option irréaliste à court terme.