Le Sénégal active désormais l’ensemble de sa diplomatie internationale pour soutenir la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Une décision confirmée officiellement le 20 juillet 2026, trois jours après une rencontre décisive entre l’ancien président et son successeur à la présidence sénégalaise.
Un changement de cap diplomatique spectaculaire
Ce revirement marque une rupture nette avec la position adoptée par Dakar fin mars 2026. À cette date, le Sénégal, aux côtés d’une vingtaine d’autres États membres de l’Union africaine, avait refusé de soutenir la candidature de Macky Sall, initialement portée par le Burundi dans le cadre de la rotation de la présidence de l’UA.
L’entretien du 17 juillet entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall a permis de lever ces réticences. Le communiqué officiel souligne que cette entrevue s’est déroulée dans un climat serein, malgré les tensions persistantes liées à la transition politique intervenue après l’élection de mars 2024.
Une compétition internationale intense
Macky Sall doit désormais affronter trois concurrents de premier plan pour succéder à António Guterres, dont le mandat à la tête de l’ONU s’achèvera le 31 décembre 2026. Les principaux adversaires sont Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et Rebecca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.
Le soutien apporté par le Sénégal renforce considérablement les chances de Macky Sall, qui peut désormais s’appuyer sur le réseau diplomatique de son pays. Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a confirmé que l’ensemble des représentations sénégalaises à l’étranger seront mobilisées pour promouvoir cette candidature.
Un contexte politique encore fragile au Sénégal
Cette décision intervient dans un environnement marqué par les séquelles de la transition de 2024. Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 avec l’appui du parti Pastef, avait promis une rupture avec le style de gouvernance de son prédécesseur. Plusieurs dossiers sensibles, notamment les demandes de justice formulées par des victimes de répressions sous le régime précédent, restent en suspens.
Pourtant, ce soutien à Macky Sall est interprété par certains analystes comme un acte de cohésion nationale. Cette initiative pourrait permettre à Diomaye Faye d’élargir sa base politique au-delà des clivages partisans traditionnels.
Avec 18 millions d’habitants, le Sénégal, membre fondateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont Diomaye Faye assure actuellement la présidence tournante, pèse lourd dans l’équilibre diplomatique ouest-africain. Ce ralliement de Dakar pourrait influencer d’autres capitales africaines encore indécises.
Une stratégie de lobbying africain en marche
Après avoir obtenu le soutien de Dakar, Macky Sall s’est rendu à Banjul le 17 juillet pour discuter avec le président gambien Adama Barrow. Cette tournée régionale s’inscrit dans une démarche proactive d’influence auprès des chefs d’État africains.
Le choix du futur secrétaire général de l’ONU se jouera dans les prochains mois au Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. La capacité de Macky Sall à fédérer un consensus au sein du continent africain sera déterminante face à des candidatures soutenues par d’autres blocs régionaux.