Faladiè à Bamako : des centaines de familles sans abri après la démolition

Une démolition brutale plonge des déplacés dans la précarité

Le dimanche 19 avril, le marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a été entièrement rasé par des engins municipaux. Cette zone abritait non seulement un important marché d’élevage, mais aussi un camp de déplacés internes, forçant plus de 300 familles à quitter les lieux dans l’urgence. Selon les informations recueillies, plus de 2 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, se retrouvent désormais sans abri ni assistance.

Mali | Situation humanitaire des déplacés internes après la démolition du marché de Faladiè

Un camp informel détruit : des vies bouleversées

Parmi les victimes de cette opération, Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass, dans le centre du Mali, raconte son parcours : « Nous avons quitté notre village il y a six ans, fuyant les violences. Nous pensions être en sécurité ici, à Bamako. » Elle vit désormais avec sa famille, composée de sept personnes, dans un camp informel qui n’existe plus du jour au lendemain.

Le garbal de Faladiè, établi depuis 2019, abritait un campement de fortune où vivaient environ 300 familles déplacées. Ces personnes, principalement des femmes et des enfants, dépendaient de l’aide humanitaire pour survivre. Aujourd’hui, elles se retrouvent sans toit, sans eau potable ni nourriture, dans un contexte déjà marqué par une crise alimentaire et sanitaire.

Des promesses non tenues par les autorités

Selon les autorités maliennes, les déplacés devaient être relocalisés vers Sanankoroba, à 35 kilomètres de la capitale, dans un site aménagé par l’État. Pourtant, les témoignages des concernés et des vendeurs de bétail révèlent une tout autre réalité : ce site est jugé non fonctionnel. « Nous n’avons plus rien, pas même un endroit où dormir. On nous demande de partir, mais où aller ? », s’interroge Dado.

Les déplacés, qui vivaient en partie en récupérant des déchets et des restes alimentaires pour les revendre, se retrouvent aujourd’hui dans une situation désespérée. « Le plus urgent, c’est un toit. Sans abri, tout le reste devient secondaire », confie un habitant du camp.

Une crise humanitaire aggravée par les décisions politiques

Cette démolition s’inscrit dans un contexte plus large de mesures prises après les attaques djihadistes de septembre 2024 contre des sites militaires à Bamako. Les autorités avaient alors décidé de fermer plusieurs marchés à bétail, suspectés d’abriter des combattants ennemis. Pourtant, le garbal de Faladiè abritait aussi un camp de déplacés, privant ces familles vulnérables de leur dernier refuge.

La Direction nationale du développement social n’a pas encore communiqué officiellement sur la situation. Contactée, elle a répondu qu’il était trop tôt pour se prononcer, laissant les déplacés dans une incertitude totale.

Avec la destruction du camp, des milliers de vies basculent dans l’extrême précarité. Les organisations humanitaires locales et internationales, qui apportaient un soutien vital, voient désormais leur action compromise. La relocalisation promise par l’État reste un mirage pour ces familles, qui n’ont d’autre choix que de survivre dans l’abandon.

Que faire face à cette urgence humanitaire ?

  • Relocalisation immédiate : Trouver des solutions d’hébergement temporaire pour éviter que les familles ne dorment à la belle étoile.
  • Accès aux besoins essentiels : Distribuer eau, nourriture et soins médicaux en urgence.
  • Sécurisation des sites de relocalisation : Garantir que les sites promis par l’État soient opérationnels et adaptés aux besoins des déplacés.
  • Soutien aux organisations humanitaires : Renforcer les actions des acteurs locaux et internationaux pour éviter un effondrement total de l’aide.

Sans une réaction rapide et coordonnée, la crise humanitaire à Bamako risque de s’aggraver, laissant des milliers de personnes sans espoir.

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