Français détenu au Sénégal pour homosexualité : Paris en alerte depuis trois mois

Un ingénieur français emprisonné pour son orientation sexuelle au Sénégal

Dans un contexte de durcissement des lois contre les minorités sexuelles, un ressortissant français est détenu depuis trois mois au Sénégal. Arrêté le 14 février 2026 pour « actes contre-nature » et plusieurs autres chefs d’accusation, son cas illustre la répression croissante des relations homosexuelles dans ce pays majoritairement musulman. Les autorités françaises suivent de près son dossier.

Une arrestation dans le cadre d’une vague répressive

L’homme, ingénieur de profession et âgé d’une trentaine d’années, réside habituellement à Dakar. Son arrestation s’inscrit dans une série de mesures ciblant les personnes LGBT +, avec des accusations incluant « association de malfaiteurs », « blanchiment de capitaux » et « tentative de transmission du VIH ». Ces chefs d’accusation, souvent utilisés de manière controversée, alourdissent considérablement sa situation judiciaire.

Paris mobilise ses réseaux diplomatiques

Depuis son incarcération, les services consulaires français à Dakar ont effectué plusieurs visites pour garantir le respect de ses droits. Le ministère des Affaires étrangères à Paris maintient un contact permanent avec sa famille et surveille étroitement l’évolution de son affaire. Cette vigilance s’ajoute aux prises de position officielles de la France en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité.

« Le respect des droits humains, sans exception, constitue une priorité pour notre pays. Nous condamnons toute forme de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et réaffirmons notre engagement en faveur de l’égalité pour tous », déclare un porte-parole du Quai d’Orsay.

Le Sénégal renforce sa législation anti-LGBT +

Le durcissement des peines contre les relations homosexuelles s’est concrétisé début mars par l’adoption d’une nouvelle loi prévoyant des emprisonnements de cinq à dix ans. Promulguée fin mars par le président Bassirou Diomaye Faye, cette mesure s’inscrit dans un climat de montée des violences homophobes et d’arrestations arbitraires. Le gouvernement sénégalais justifie ces dispositions par des valeurs traditionnelles et religieuses, bien que ces choix soient vivement critiqués par la communauté internationale.

Cette législation intervient après plusieurs mois de tensions sociales et de pressions politiques pour une répression accrue des droits LGBT +. Les défenseurs des libertés individuelles dénoncent une instrumentalisation de la question pour des gains électoraux, dans un pays où les droits humains restent un sujet sensible.

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