Gabon : la filière manganèse mise sous les projecteurs après un rebond de production

Avec une production tombée à 9,1 millions de tonnes, le manganèse gabonais a attiré l’attention sur les lacunes persistantes de ses infrastructures logistiques. Les pannes récurrentes et les embouteillages sur la ligne ferroviaire, notamment le Transgabonais menant au port d’Owendo, ont freiné la croissance du secteur. Pourtant, le quatrième trimestre 2025 a marqué un tournant avec une remontée significative de l’activité.

Cette reprise s’explique par la relance des exploitations de Moanda et Franceville, qui a permis une hausse de 10,8 % de l’indice de production nationale par rapport au trimestre précédent, selon les données de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale. Au-delà de l’extraction, le pays amorce une transition vers une valeur ajoutée locale.

En juillet 2026, l’État gabonais et le groupe Eramet ont signé à Paris un accord historique. Ce protocole engage le géant français à transformer jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an d’ici 2031, avec trois scénarios envisagés : moderniser le complexe métallurgique de Moanda, implanter des unités de transformation à Owendo ou construire une usine d’oxyde de manganèse dédiée aux batteries près de Libreville.

Le ministère de l’Industrie a tenu à clarifier : cet engagement ne concerne que Eramet. Les autres acteurs miniers du pays devront aussi contribuer à cette dynamique de transformation industrielle.

Pour concrétiser ces ambitions, Eramet mise sur un approvisionnement énergétique renforcé et l’intégration du biocharbon. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie visant à anticiper l’échéance de 2029, année où l’exportation de minerai brut sera interdite.

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