Gabon : le gouvernement audite tous les permis d’or pour booster l’économie

À partir du 16 juillet 2026, le ministère des Mines du Gabon lance une opération sans précédent : un audit complet et systématique de l’ensemble des permis d’exploitation aurifère du pays. Une initiative stratégique qui marque un tournant décisif dans la gestion des ressources naturelles par l’État.

Chaque société, qu’il s’agisse d’exploration ou d’exploitation, devra se soumettre à un examen approfondi. Une commission dédiée passera au crible les dossiers administratifs, vérifiera la conformité des chantiers en activité et évaluera la santé financière des opérateurs. Plus aucun acteur ne pourra se soustraire à cette vérification.

L’objectif affiché ? Mettre fin à une pratique néfaste : les permis inactifs. Ces titres, détenus par des acteurs sans projet concret, bloquent des zones riches en potentiel géologique. En agissant ainsi, le Gabon s’aligne sur une tendance régionale visant à assainir le secteur minier, déjà observée chez plusieurs de ses voisins d’Afrique centrale et de l’Ouest.

redonner la main sur les ressources naturelles pour diversifier l’économie

Pour le Gabon, cette démarche est vitale. Longtemps dépendant du pétrole et du manganèse, le pays cherche à faire de l’or un pilier de sa diversification économique. Pourtant, le secteur reste fragilisé par l’orpaillage clandestin et l’évasion des revenus vers des circuits parallèles.

Pour y remédier, l’État doit renforcer son contrôle et prouver sa capacité à maîtriser ses ressources. Cette opération dépasse le simple cadre fiscal : elle représente un test de légitimité face à des réseaux transfrontaliers et à des groupes internationaux habitués à exploiter les failles des systèmes locaux.

un coup de balai nécessaire… ou un frein aux investissements ?

Le message du ministère est sans ambiguïté : les entreprises incapables de justifier leur régularité ou leur sérieux s’exposent à la perte de leurs permis. Ces annulations pourraient libérer des blocs miniers actuellement sous-exploités, permettant leur redistribution selon des critères plus stricts en matière de contenu local et de solidité financière.

Le défi est de taille. Un assainissement rigoureux et transparent pourrait renforcer l’attractivité du Gabon, mais une approche perçue comme brutale ou imprévisible risquerait de dissuader les investisseurs étrangers. Ces derniers, déjà méfiants face aux incertitudes juridiques, pourraient hésiter à s’engager dans un pays où les règles du jeu semblent changeantes. Les prochains mois diront si cette initiative transforme durablement le paysage minier gabonais ou si elle reste une simple formalité administrative.

Retour en haut