Le gouvernement gabonais adopte une mesure ferme pour assurer l’approvisionnement du marché intérieur en produits de la mer. Depuis le 26 mars 2026, l’exportation de la sardine (Ethmalosa fimbriata) et du poisson communément appelé « sans nom » (Heterotis niloticus) est temporairement proscrite à l’échelle nationale. Cette initiative, formalisée par deux arrêtés du ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, a été rendue publique au Journal officiel du 16 avril 2026. Elle est une réponse directe à la pénurie croissante constatée sur les étals gabonais. Alors que ces espèces continuent de transiter vers les marchés des nations limitrophes, particulièrement via des points frontaliers stratégiques comme Cocobeach, les autorités gabonaises visent désormais à favoriser la consommation locale et à endiguer les flux de sortie non régulés de ces précieuses ressources.
Le 30 mai dernier, Marie Françoise Dikoumba, la gouverneure de la province de l’Estuaire, a effectué un déplacement à Cocobeach pour insister auprès des acteurs de la filière – pêcheurs, commerçants et transporteurs – sur l’impératif de cette réglementation. Cette démarche de sensibilisation s’inscrit dans un climat d’inquiétude grandissante chez les consommateurs face à la diminution de la sardine sur les marchés. Selon les responsables, les exportations vers les pays voisins perturbent l’équilibre de l’offre nationale, entraînant une spirale inflationniste et rendant plus difficile l’accès des ménages à un aliment de base.
Protéger les ressources marines et consolider la souveraineté alimentaire
Ces deux arrêtés stipulent que cette suspension temporaire a pour objectif de rationaliser les circuits de production et de distribution, de stabiliser l’approvisionnement du marché domestique et de contrer l’envolée des prix. Les pouvoirs publics aspirent également à améliorer la traçabilité des produits halieutiques, à sécuriser les futures opérations d’exportation et à assurer le respect rigoureux des normes sanitaires. Cette orientation s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de lutte contre le coût de la vie et de renforcement de la souveraineté alimentaire, des axes majeurs de l’action gouvernementale.
Le ministère de la Mer souligne également une pression accrue sur les réserves de sardines dans les eaux territoriales gabonaises, ainsi que sur les populations de « sans nom » présentes dans les systèmes fluviaux et lacustres. Par cette mesure de suspension des exportations, l’État ambitionne de favoriser la régénération du capital biologique dans les zones les plus sollicitées, garantissant ainsi une exploitation pérenne de ces espèces. Les contrevenants s’exposent aux pénalités établies par le Code des pêches, qui peuvent inclure la confiscation des marchandises, la révocation des permis de pêche, et même des poursuites judiciaires, à moins d’une dérogation spéciale accordée par l’autorité administrative compétente.