Pendant de longues années, ils ont sillonné les artères du Gabon sans jamais vraiment faire l’objet d’un contrôle rigoureux. Les véhicules arborant l’immatriculation « 142 », historiquement liés au ministère de l’Intérieur, constituaient l’un de ces privilèges administratifs dont l’usage restait flou pour le grand public. Cette époque semble désormais révolue.
Le gouvernement a donné le coup d’envoi, ce lundi 22 juin 2026, d’une vaste campagne d’identification et de recensement. Cette opération d’envergure vise à recenser précisément chaque détenteur de ces plaques spécifiques, marquant une étape cruciale dans la restauration de l’ordre et de la transparence au sein de l’administration publique.
Une mise en demeure pour la régularisation des dossiers
Le calendrier est strict : du 22 juin au 1er juillet 2026, tous les utilisateurs de véhicules immatriculés 142 n’étant pas officiellement en poste au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation sont sommés de se présenter au Secrétariat général de l’institution. L’objectif est limpide : assainir la gestion des biens de l’État et renforcer le lien de confiance avec les citoyens gabonais.
Pour mener à bien ce chantier de clarification, les autorités exigent la présentation de documents officiels, notamment l’attestation d’affectation du véhicule, la carte grise originale ainsi qu’une pièce d’identité valide. Cette procédure doit permettre de vérifier la légitimité de chaque usage et d’éliminer les attributions injustifiées.
Mettre un terme aux privilèges indus
Au Gabon, comme ailleurs, la gestion du patrimoine public est un sujet sensible. Les zones d’ombre dans l’attribution des immatriculations administratives ouvrent souvent la porte à des abus ou à des détournements de ressources. En lançant ce recensement, le ministère de l’Intérieur s’inscrit dans une dynamique de modernisation où la traçabilité des équipements, qu’ils soient roulants ou financiers, devient une priorité absolue.
Cette initiative porte une symbolique politique forte. Elle illustre la volonté de rompre avec les pratiques du passé, où certains avantages étaient octroyés sans réelle surveillance. Dans la construction d’un État de droit, l’application uniforme des règles est un pilier fondamental de la crédibilité des institutions.
Des contrôles de terrain pour garantir l’efficacité
L’opération ne s’arrêtera pas à une simple collecte de documents. Les autorités ont d’ores et déjà annoncé qu’une phase de répression suivrait ce recensement. Des contrôles mobiles seront déployés sur l’ensemble du réseau routier pour identifier et sanctionner les véhicules non déclarés ou circulant en toute irrégularité.
C’est précisément cette phase opérationnelle qui déterminera le succès de la réforme. L’efficacité d’une telle mesure repose sur la capacité de l’administration à maintenir une surveillance constante sur la durée. Pour le Gabon, ce projet pilote est un signal envoyé aux partenaires et à la population : l’ère de l’opacité administrative s’efface au profit d’une culture de la responsabilité et de la bonne gouvernance.