Tchad
hausse des prix de la volaille à Ati : impact sur les ménages et l’économie locale
La flambée des prix de la volaille à Ati au Tchad crée des difficultés pour les familles, les commerçants et les éleveurs. Une situation qui menace la stabilité alimentaire et économique de la région.
La flambée des prix perturbe le quotidien
À Ati, la hausse des prix de la volaille transforme les habitudes d’achat des ménages et fragilise les acteurs économiques locaux. Entre pouvoir d’achat en baisse et consommation en recul, la situation devient préoccupante pour l’ensemble de la filière avicole.
Le marché central d’Ati, habituellement animé, reflète cette tension. Les cages à poulets et pintades, autrefois bien garnies, se font plus clairsemées. Les clients, après de longues négociations, repartent souvent sans achat. En quelques mois, les tarifs ont explosé : un poulet, naguère vendu entre 6 000 et 8 000 FCFA, coûte désormais entre 10 000 et 15 000 FCFA. Les pintades et coqs suivent cette tendance, surtout à l’approche des fêtes religieuses et des cérémonies familiales où la demande explose.
Des familles contraintes de revoir leurs dépenses alimentaires
Pour beaucoup de foyers, l’achat de volaille est désormais un luxe inaccessible. Dans un contexte de vie chère persistante, les ménages doivent adapter leur alimentation. « Avant, nous pouvions offrir un poulet à nos enfants chaque semaine. Aujourd’hui, c’est devenu un événement rare. Nous nous tournons vers des alternatives moins onéreuses », confie Amina Mahamat, mère de famille au marché d’Ati.
Cette situation réduit la qualité nutritionnelle des repas. La volaille, principale source de protéines animales pour de nombreuses familles, se raréfie, forçant les populations à se rabattre sur des produits moins nutritifs mais plus abordables.
Les commerçants subissent la baisse des ventes
Les vendeurs, eux aussi, ressentent les effets de cette crise. Malgré la hausse des prix, leurs revenus ne suivent pas. « Nous augmentons les tarifs, mais les clients se font plus rares. Certains repartent sans rien acheter », explique Issa Hassan, commerçant depuis dix ans.
Les restaurateurs et vendeurs de grillades sont également touchés. Pour maintenir leur activité, ils doivent soit augmenter le prix de leurs plats, soit réduire les portions servies, au risque de perdre une partie de leur clientèle.
Les éleveurs face à des coûts de production insoutenables
Les éleveurs ne sont pas épargnés. Leurs charges ont fortement augmenté : aliments pour volailles, produits vétérinaires et transport voient leurs prix grimper. S’ajoutent à cela les défis liés au manque de pâturages, à la sécheresse et aux maladies qui déciment parfois les élevages.
« Nos dépenses ne cessent d’augmenter chaque mois. Nous devons vendre plus cher pour couvrir nos coûts, mais cela ne signifie pas que nous réalisons des profits », souligne Abakar Abdoulaye, éleveur près d’Ati.
Une économie locale sous pression
Au-delà des familles et des commerçants, toute l’économie locale subit les conséquences de cette flambée. Transporteurs, revendeurs d’aliments pour bétail, restaurateurs et petits commerçants voient leurs activités ralentir.
Des acteurs économiques estiment que les ventes de volailles auraient diminué de 20 à 30 % par rapport à l’année précédente, bien que ces chiffres restent à confirmer officiellement.
Pour les économistes, une chute de la consommation entraîne un effet domino sur toute la chaîne économique, affectant les revenus des ménages et les recettes des petits commerçants.
Quelles solutions pour stabiliser la situation ?
Face à cette crise, plusieurs acteurs locaux appellent à un soutien accru de la filière avicole. Parmi les mesures proposées :
- Un meilleur accès à des aliments pour volailles à prix abordables ;
- Le renforcement des services vétérinaires et des campagnes de vaccination ;
- Des facilités de financement pour les petits éleveurs ;
- Un accompagnement technique pour améliorer la production locale.
Ces initiatives pourraient contribuer à augmenter l’offre de volailles, stabiliser les prix et renforcer la sécurité alimentaire dans la province du Batha.
Une préoccupation majeure pour l’avenir
La flambée des prix de la volaille à Ati illustre les défis auxquels font face les populations face à la hausse générale du coût de la vie. Sans réponse durable, cette situation risque d’aggraver la précarité des ménages et de freiner le développement économique local.
Pour de nombreux habitants, l’accès à une alimentation équilibrée devient un défi quotidien. La maîtrise des prix des denrées de première nécessité s’impose comme une priorité absolue pour les autorités locales et nationales.