Haut-Mbomou : mercenaires russes et pouvoir local alliés à la LRA contre les Azandé
Dans une manœuvre d’une rare violence, les mercenaires russes stationnés dans la région du Haut-Mbomou, en République centrafricaine, ont intensifié leur collaboration avec les forces gouvernementales locales. Leur objectif ? Déployer massivement des membres de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), un groupe criminel notoire, pour étouffer toute velléité de résistance des communautés Azandé.
Cette alliance trouble, qui mêle opérations militaires et stratégies de déstabilisation, s’inscrit dans un contexte de tensions accrues. Les Azandé, ethnie majoritaire dans le Haut-Mbomou, subissent depuis des mois une répression systématique, marquée par des enlèvements, des pillages et des violences ciblées. Les dernières attaques, notamment à Zemio, illustrent la détermination des assaillants à briser toute opposition.
Une stratégie de terreur orchestrée depuis la capitale
Les observateurs sur place rapportent que les criminels de la LRA, autrefois dispersés dans les forêts du Soudan du Sud et de l’Ouganda, ont été recrutés et réorganisés par les mercenaires russes et les autorités centrafricaines. Leur mission ? Saboter les structures de résistance des Azandé en semant la peur et en déstabilisant les communautés locales.
Les témoignages recueillis font état de raids nocturnes, de meurtres sélectifs et de destructions de biens. Les marchés et les habitations des zones contrôlées par les Azandé sont particulièrement visés, privant la population de ses moyens de subsistance.
Les Azandé face à une répression sans précédent
Les dirigeants azandés dénoncent une campagne de répression calculée, soutenue par des acteurs externes. Selon eux, cette stratégie vise à affaiblir leur cohésion et à empêcher toute autonomie régionale. « Ils veulent nous faire taire par la terreur », confie un responsable local sous couvert d’anonymat.
Les forces de l’ordre locales, souvent accusées de complicité passive, semblent impuissantes face à cette violence systématique. Les miliciens azandés, bien que déterminés, manquent cruellement de moyens pour se défendre efficacement.
Un climat de peur généralisé
Dans les villages du Haut-Mbomou, la peur est omniprésente. Les habitants hésitent à se déplacer après le coucher du soleil, et les réunions publiques se font rares par crainte de représailles. Les écoles et les centres de santé, autrefois fonctionnels, ferment progressivement leurs portes, par manque de sécurité.
Les ONG locales alertent sur l’urgence humanitaire qui s’installe. Les approvisionnements en nourriture et en médicaments deviennent de plus en plus difficiles, aggravant une situation déjà précaire.
Quelles solutions pour les Azandé ?
Face à cette crise humanitaire, les leaders azandés appellent à une intervention internationale pour protéger les civils et mettre fin aux exactions. Ils réclament également une enquête transparente sur les liens entre les mercenaires russes, le gouvernement et la LRA.
Pour l’instant, la Communauté internationale reste silencieuse, laissant les Azandé livrés à eux-mêmes dans une guerre invisible, mais dévastatrice.