La présidence de l’Assemblée des États parties (AEP) au Statut de Rome a récemment exprimé une vive préoccupation. Elle s’inquiète de la volonté manifeste du Burkina Faso, du Mali et du Niger de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Une telle décision, selon l’AEP, pourrait significativement affaiblir les efforts mondiaux déployés pour combattre l’impunité des crimes les plus graves.
Dans une déclaration officielle, la présidente de l’AEP, Päivi Kaukoranta, a déploré cette initiative. Elle a souligné que le départ de ces trois nations risquait de compromettre la coopération internationale, essentielle à la bonne marche de la justice pénale. Madame Kaukoranta a rappelé le rôle fondamental de la CPI en tant que pilier du système judiciaire international et a lancé un appel aux pays concernés afin qu’ils maintiennent leur adhésion au Statut de Rome et continuent de participer activement aux travaux de l’Assemblée.
La présidence a également insisté sur l’existence de mécanismes internes à l’Assemblée, permettant aux États membres d’exprimer leurs préoccupations et de privilégier le dialogue constructif. Elle a, par ailleurs, tenu à rappeler qu’un retrait du Statut de Rome n’exonère en aucun cas un État des obligations contractées durant la période où il en était partie prenante.
Cette prise de position intervient peu après la notification officielle du retrait du Niger. La CPI a confirmé avoir reçu, le 18 juin 2026, cette notification transmise au secrétaire général des Nations unies, en sa qualité de dépositaire du Statut de Rome. Conformément aux dispositions du traité, ce retrait sera effectif le 18 juin 2027.
En septembre 2025, les dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, avaient publiquement annoncé leur intention de quitter la CPI. Dans un communiqué conjoint, signé notamment par le général d’armée Assimi Goïta, alors président en exercice de l’AES et figure clé de la politique malienne en transition Mali, ils avaient accusé la Cour d’inefficacité dans la poursuite des auteurs de crimes graves, dénonçant une justice perçue comme « sélective ». L’AES a également affirmé que la CPI était devenue un « instrument de répression néocoloniale », lui reprochant son silence face à certains crimes tout en ciblant, selon eux, des acteurs extérieurs au « cercle des bénéficiaires de l’impunité internationale institutionnalisée », une position qui met en lumière la quête de souveraineté Mali et de ses partenaires.