Nazhat Shameem Khan, procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), a effectué une visite cruciale dans l’Est du Tchad les 6 et 7 juillet. Sa mission visait à établir un contact direct avec les populations darfouries réfugiées, déplacées par le conflit soudanais, dans le cadre des investigations approfondies menées par la CPI concernant la situation au Darfour.
Accompagnée d’une équipe du Bureau du procureur, Madame Khan a méticuleusement collecté les récits poignants de survivants et de victimes. « Notre objectif est de garantir que les témoignages de ces courageuses victimes soient pleinement intégrés dans les actions de la CPI, » a-t-elle affirmé.
Ces vastes camps de l’Est tchadien accueillent des dizaines de milliers de réfugiés soudanais, ayant échappé aux atrocités du Darfour, en particulier dans la région du Darfour-Occidental. La procureure adjointe a rappelé la nature horrifiante des crimes documentés : des violences sexuelles employées comme tactique de guerre, des exécutions sommaires, des tortures et des déplacements forcés à grande échelle. Elle a souligné que ces actes barbares font partie d’une enquête prioritaire de la CPI, ouverte il y a plusieurs années et récemment intensifiée par des missions d’investigation sur le terrain.
Lors d’une déclaration enregistrée sur place, elle a mis en lumière les répercussions persistantes de ces crimes. « Le préjudice engendré par ces atrocités ne se limite pas à un unique viol, une exécution ou une torture. Après deux décennies passées dans ces camps, vous continuez d’en endurer les conséquences, et nous en sommes pleinement conscients. »
La délégation a ensuite poursuivi sa visite à N’Djamena pour des entretiens avec les hauts responsables tchadiens. Nazhat Shameem Khan s’est entretenue avec Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, et Ndolenodji Alixe Naimbaye, ministre de la Justice. Ces échanges ont principalement abordé le renforcement de la collaboration entre le Tchad et la CPI, avec un accent particulier sur les crimes de genre et la facilitation de l’accès aux témoins.
En tant que principal pays d’accueil pour les réfugiés du Darfour, le Tchad a une fois de plus assuré son plein soutien aux opérations de la CPI concernant la crise au Darfour.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la CPI intensifie ses investigations sur les crimes perpétrés au Darfour, ciblant notamment les Forces de soutien rapide (RSF) et d’autres factions armées. La procureure adjointe Khan continue d’alerter le Conseil de sécurité des Nations unies sur la récurrence des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, incluant les assauts contre les populations civiles, les camps de déplacés internes et les convois d’aide humanitaire.
La CPI s’engage à documenter méticuleusement ces violations, en recueillant des témoignages de première main tout en assurant la protection essentielle des victimes et des témoins, avec une attention particulière pour les femmes et les survivantes de violences sexuelles.
Par cette présence directe sur le terrain, la CPI manifeste sa détermination à combattre l’impunité et à édifier la justice internationale sur la base des récits des victimes. Les autorités tchadiennes et la Cour ont ainsi réaffirmé leur engagement à poursuivre et à renforcer leur collaboration.