L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) continue de manifester un vif intérêt pour les infrastructures portuaires marocaines. Dans son programme prévisionnel des marchés de consultants publié le 24 juin 2026, l’organisation a précisé le calendrier d’une mission d’étude. Celle-ci se déroulera du 2 septembre 2026 au 26 février 2027, après le lancement de l’appel d’offres prévu le 1er juillet 2026. L’objectif : évaluer les perspectives de développement de Tanger Med, du port de Casablanca et de l’ensemble du système portuaire national.
Le document officiel souligne que Tanger Med et Casablanca constituent les principaux ports du pays, situés au cœur des réseaux logistiques mondiaux. Ensemble, ils traitent environ 98 % du commerce extérieur marocain. Cette position stratégique confère aux infrastructures portuaires un rôle clé dans les chaînes d’approvisionnement reliant l’Europe, l’Afrique et les grands marchés internationaux.
L’intérêt de la JICA dépasse largement le simple cadre technique. Le cahier des charges reflète une volonté d’accompagner un système portuaire appelé à soutenir les prochaines étapes du développement économique du Royaume.
Le document rappelle que la stratégie portuaire marocaine vise la montée en gamme des infrastructures, leur numérisation, leur décarbonation ainsi que le renforcement du rôle du Maroc comme plateforme de liaison entre l’Europe et l’Afrique. La mission devra mesurer les progrès accomplis et identifier les adaptations nécessaires pour suivre l’évolution des échanges mondiaux.
Cette approche montre que la compétitivité portuaire ne repose plus uniquement sur les capacités physiques des terminaux. Elle intègre désormais les nouvelles exigences environnementales, numériques et technologiques qui redéfinissent progressivement le transport maritime à l’échelle planétaire.
Préparer les besoins du commerce de demain
Une partie importante des travaux sera consacrée aux évolutions futures des flux commerciaux. Les experts devront établir des prévisions de trafic de marchandises, analyser les projets d’extension, examiner les plans d’aménagement et évaluer l’organisation de la gestion portuaire.
Le mandat prévoit également une analyse des institutions concernées, des responsabilités de chaque acteur et des connexions terrestres et maritimes reliant les ports marocains aux principaux marchés européens et africains. L’objectif est de vérifier l’adéquation entre les infrastructures actuelles et les besoins futurs de l’économie nationale.
Cette réflexion devra aboutir à une stratégie de développement accompagnée d’un plan d’exécution visant à renforcer la cohérence entre investissements, gouvernance et évolution des échanges commerciaux.
La transition environnementale occupe une place centrale dans cette mission. Les consultants devront recenser les politiques déjà engagées dans les ports marocains, évaluer les dispositifs de réduction des émissions de carbone ainsi que les mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.
En parallèle, la JICA demande une analyse approfondie de la numérisation des opérations portuaires. Le document prévoit notamment d’examiner la digitalisation de la gestion portuaire, la synchronisation des arrivées des navires selon les principes du « Just in Time », les dispositifs de cybersécurité et les mesures contribuant à la neutralité carbone.
Cette combinaison entre digitalisation et optimisation opérationnelle vise à fluidifier les escales, réduire les temps d’attente des navires et améliorer l’efficacité globale des plateformes portuaires.
Une coopération technologique renforcée avec le Japon
La mission comporte une dimension prospective importante. Au-delà du diagnostic, la JICA devra identifier les domaines dans lesquels une coopération avec le Japon apporterait une valeur ajoutée.
Le mandat prévoit l’élaboration d’une liste de projets susceptibles de mobiliser des équipements, des solutions numériques et des technologies japonaises afin d’améliorer l’exploitation des ports marocains et d’accélérer leur décarbonation. Une phase pilote permettra ensuite d’expérimenter certaines solutions avant leur présentation aux autorités marocaines lors d’un atelier dédié.
Le document précise que l’étude mobilisera des spécialistes de la planification portuaire, de la transformation numérique, de la décarbonation et de la cybersécurité. Représentant 6,61 mois-personnes, cette mission demeure, à ce stade, un projet préparatoire dont le contenu pourra évoluer avant la publication définitive de l’appel d’offres.
Au-delà de son caractère technique, cette initiative illustre tout l’intérêt que suscite le système portuaire marocain auprès de partenaires internationaux de premier plan.
En choisissant d’évaluer simultanément les infrastructures, la gouvernance, les technologies numériques, les exigences environnementales et les perspectives de trafic, la JICA inscrit les ports du Royaume dans une réflexion de long terme. Cette réflexion porte sur leur capacité à accompagner les mutations du commerce mondial et à consolider la place du Maroc comme plateforme logistique entre l’Europe et l’Afrique.