Lancement du master ECOTEDD : la Côte d’Ivoire façonne ses futurs experts en développement durable

L’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), par l’intermédiaire de son Centre d’Excellence Africain (CEA VALOPRO), a marqué le lancement officiel du Master Économie Circulaire, Transition Écologique et Développement Durable (ECOTEDD). Ce séminaire inaugural, qui s’est déroulé à Angré le 16 mai 2026, a symbolisé un pas majeur vers l’innovation éducative en Côte d’Ivoire.


Sous la thématique « Afrique durable, Côte d’Ivoire résiliente : la RSE et l’économie circulaire, moteurs d’un nouveau modèle de développement », cet événement a rassemblé des spécialistes nationaux et internationaux, des décideurs publics, des représentants du secteur privé et des partenaires techniques. Les discussions se sont articulées autour des défis de la transition écologique et de la nécessaire refonte des systèmes économiques sur le continent africain.


Le professeur Benjamin Yao, coordinateur du CEA VALOPRO, a inauguré les échanges en insistant sur la portée stratégique de ce programme. Il a mis en avant l’ambition d’apporter un « contenu informatif de haute qualité » et de simplifier l’accès des médias à des experts reconnus, afin de diffuser largement les problématiques environnementales cruciales.


Les divers panels ont permis aux participants de dresser un panorama des défis environnementaux majeurs auxquels l’Afrique est confrontée. Parmi ceux-ci figuraient la gestion des déchets, le phénomène de la déforestation, les enjeux de la transition énergétique, et les obstacles liés à l’obtention de financements climatiques adaptés.


Selon le professeur Benjamin Yao, l’économie circulaire représente une solution particulièrement pertinente pour les contextes africains. Il a précisé que « l’économie circulaire est avant tout une économie de la préservation de la valeur. Ce que nous percevons comme un déchet actuellement peut se transformer en une ressource précieuse demain. » Pour étayer ses propos, il a cité des exemples concrets de valorisation de produits agricoles, notamment dans les secteurs de l’anacarde et du cacao.


Concernant les stratégies de développement, il a souligné l’impératif d’adopter une approche contextualisée. « Il est crucial de ne pas reproduire servilement les schémas occidentaux. Notre devoir est de concevoir des réponses qui correspondent aux spécificités africaines, des solutions à la fois simples, efficientes et pérennes, » a-t-il affirmé.


Les discussions ont également mis en évidence les lacunes actuelles de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), dont l’intégration demeure perfectible au sein des stratégies organisationnelles. Plusieurs experts ont souligné que « la RSE s’impose de plus en plus comme un facteur déterminant pour l’accès aux marchés publics », exhortant les entreprises à dépasser la simple communication pour ancrer véritablement ces principes dans leur modèle de gouvernance.


Concernant les financements climatiques, les spécialistes ont pointé un paradoxe : des ressources substantielles sont disponibles, mais leur mobilisation reste complexe. « Les capitaux sont là, mais les démarches sont souvent lourdes et très techniques. Il est impératif de former des experts locaux aptes à élaborer des projets respectant les normes internationales, » ont-ils insisté.


Prenant la parole au nom des étudiants, Abraham Bosson, délégué de la promotion inaugurale, a affirmé la détermination de ses pairs à participer activement à la mutation des paradigmes de développement. « Nous sommes convaincus d’une Afrique capable d’innover, de valoriser ses richesses endogènes et de construire un développement durable spécifiquement adapté à ses contextes, » a-t-il proclamé. Mettant l’accent sur la mission de sa génération, il a complété : « Nous portons une responsabilité historique : celle de devenir des catalyseurs de changement, en mesure de concevoir et de piloter des initiatives novatrices et pérennes au bénéfice de nos nations. »


Adoptant une perspective résolument axée sur l’action, il a précisé que le Master ECOTEDD transcende le simple cadre universitaire : « Notre ambition ne se limite pas à l’acquisition de connaissances, mais vise à générer un impact tangible sur nos entreprises, nos institutions et nos sociétés. »


Ce cursus de deux ans, accessible en ligne et d’une grande sélectivité, a pour objectif de former une nouvelle cohorte d’experts. Ces futurs professionnels maîtriseront la valorisation des déchets, la RSE, la finance climatique et le montage de projets environnementaux, avec une approche fortement orientée vers la pratique et l’insertion professionnelle.


Par cette démarche avant-gardiste, l’INP-HB aspire à contribuer significativement à l’édification d’un capital humain hautement qualifié, prêt à relever avec efficacité les défis du développement durable, tant en Côte d’Ivoire que sur l’ensemble du continent africain.


Les organisateurs prévoient de lancer le prochain appel à candidatures dans les prochaines semaines. Cette initiative vise à intensifier la dynamique enclenchée, favorisant l’émergence d’une économie plus circulaire, plus inclusive et résiliente pour la région.

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