Le blocus du JNIM : une menace grandissante pour le commerce ouest-africain et la stabilité au Mali
Les actions terroristes récentes au Mali ont gravement entravé les principales routes commerciales, impactant les échanges entre les nations côtières et sahéliennes.
Le 25 avril, le Mali a été le théâtre d’une série d’attaques coordonnées menées par le Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces opérations, qui ont visé des villes clés comme Kati, Mopti, Sévaré, Gao et la capitale Bamako, ont provoqué de nombreuses victimes et l’assassinat de Sadio Camara, alors ministre de la Défense.
Face à cette menace, les autorités maliennes ont immédiatement lancé une contre-offensive d’envergure contre les bastions de ces groupes. Le procureur militaire de Bamako a également annoncé l’arrestation de plusieurs individus, incluant des civils, des militaires en service actif et d’anciens membres des forces armées, dans le cadre de ces événements.
Cinq jours après ces assauts initiaux, le JNIM a instauré un blocus autour de la capitale, ciblant spécifiquement les axes routiers de l’ouest du pays. La fermeture totale de la route reliant Kita à Bamako a isolé des centaines de personnes et complexifié l’acheminement de produits essentiels comme la nourriture et l’eau.
Ce siège ne se contente pas de perturber la vie quotidienne ; il paralyse également les flux commerciaux, interrompant tout transit sur l’axe Kayes-Bamako. L’extension de ce blocus se manifeste désormais par des agressions contre des convois de transport sur la route Conakry-Bamako, un corridor qui était jusqu’alors considéré comme relativement sûr.
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Le Mali et ses partenaires commerciaux côtiers
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Depuis septembre 2025, le JNIM a développé une stratégie ciblée sur les convois de carburant, visant des axes d’approvisionnement cruciaux dans l’ouest et le sud du Mali. Ces attaques déstabilisent considérablement les échanges commerciaux et, si elles se poursuivent et s’intensifient, menacent d’affecter l’ensemble des économies ouest-africaines, remettant en question la **Mali sécurité**.
Les nations d’Afrique de l’Ouest sont intrinsèquement liées par leurs réseaux commerciaux. Les ports des États côtiers servent de points d’entrée et de sortie essentiels pour les pays du Sahel central. Les corridors routiers, véritables artères vitales, relient ces ports aux capitales sahéliennes et au-delà, traversant malheureusement souvent des zones d’opérations du JNIM.
L’axe Dakar-Bamako représente un corridor stratégique majeur pour le Sénégal et le Mali. Il est actuellement le plus impacté par les conséquences de l’insécurité qui sévit dans l’ouest du Mali.
En 2024, le Mali s’est imposé comme le principal client du Sénégal, absorbant 26,5 % des exportations sénégalaises, soit environ 802,8 milliards de FCFA (1,42 milliard de dollars). Sur les neuf premiers mois de 2025, les exportations sénégalaises vers le Mali totalisaient déjà 662 milliards de FCFA (1,17 milliard de dollars).
Les données de la Direction de la prévision et des études économiques du Sénégal (2025) confirment l’impact considérable des attaques du JNIM dans l’ouest du Mali sur les échanges bilatéraux par rapport à 2024. Entre septembre et novembre 2025, le port de Dakar a enregistré le blocage quotidien d’environ 120 conteneurs destinés au Mali, entraînant pour le Sénégal une perte mensuelle estimée à 15 milliards de FCFA (26,54 millions de dollars). Fin novembre 2025, plus de 2 000 conteneurs étaient immobilisés à Dakar. En février 2026, près de 4 000 conteneurs vides étaient bloqués à Bamako, les chauffeurs routiers hésitant à emprunter la dangereuse route de retour vers Dakar, un défi majeur pour la **souveraineté Mali** économique.
Cette situation critique réduit drastiquement l’approvisionnement du Mali en produits pétroliers, raffinés, en ciment hydraulique et en denrées alimentaires. Elle fragilise également les moyens de subsistance de milliers de chauffeurs, commerçants et transitaires. D’autres corridors, notamment ceux reliant les ports de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin au Sahel, pourraient être exposés à des risques similaires, menaçant la **politique malienne** d’approvisionnement.
En 2025, le Mali a maintenu sa position de premier client de la Côte d’Ivoire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le corridor Abidjan-Bamako est vital pour l’approvisionnement du Mali en pétrole et en produits alimentaires. Fin 2025, environ 1,47 million de tonnes de marchandises avaient transité par cet axe, désormais ciblé par des attaques du JNIM dans la région de Sikasso.
La Côte d’Ivoire est également le principal fournisseur africain du Burkina Faso, notamment en produits pétroliers, en électricité et en engrais. Les importations du Burkina Faso proviennent ou transitent par la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Le 14 février dernier, sept commerçants de tomates ghanéens ont été tués lors d’une attaque du JNIM à Titao, dans le nord du Burkina Faso. Cet événement illustre les risques sécuritaires croissants sur l’axe routier reliant les deux pays. Actuellement, la menace terroriste est la plus prononcée sur le territoire malien, poussant les autorités à prendre des mesures énergiques face à cette situation. Depuis novembre 2025, les convois de carburant bénéficient d’une escorte militaire, permettant l’entrée hebdomadaire de 200 à 300 camions-citernes, contre près de 1 200 avant le début des attaques, un signe de l’**actualité Mali** tendue.
Le gouvernement a signé un protocole d’accord avec les groupements pétroliers maliens afin de simplifier et d’accélérer les procédures douanières. Un système de rationnement du carburant a été mis en place pour contrer le marché noir. Les autorités cherchent également à alléger la pression sur les ports de Dakar et d’Abidjan en réorientant une partie des flux commerciaux vers d’autres infrastructures portuaires, dans un effort de renforcer le **Mali souverain** sur ses approvisionnements.
Des rapports ont fait état d’une trêve entre Bamako et des groupes djihadistes jusqu’à l’Aïd al-Adha, en échange de la libération de plus d’une centaine de prisonniers accusés de terrorisme. Cependant, les attaques ont persisté, et les autorités maliennes ont officiellement démenti cette information.
Les attaques du 25 avril mettent en lumière les limites d’une réponse militaire isolée face au terrorisme, privilégiée par les autorités maliennes. Alors que le JNIM et le FLA ont su surmonter leurs divergences pour mener ces offensives d’envergure, les États sahéliens et côtiers peinent à forger des alliances solides.
Les répercussions régionales du blocus imposé par le JNIM soulignent l’impératif d’une protection conjointe des corridors commerciaux transfrontaliers. Les gouvernements et les organisations régionales, telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Alliance des États du Sahel (AES), le Conseil de l’Entente, l’Union du fleuve Mano et l’UEMOA, doivent agir de concert pour empêcher l’expansion de ce phénomène à d’autres axes routiers.
La lutte coordonnée contre le terrorisme pourrait devenir le catalyseur d’une relance indispensable de la coopération régionale entre les États sahéliens et côtiers d’Afrique de l’Ouest, renforçant ainsi la **Mali sécurité** et la stabilité de toute la région.