Le Cameroun lance une offensive majeure contre le trafic aurifère

Le gouvernement camerounais s’organise pour assainir la filière or.

Une réunion stratégique cruciale s’est tenue ce mardi 14 juillet 2026 au sein du Ministère du Commerce, marquant une étape décisive dans la volonté du Cameroun de réguler son secteur aurifère. L’objectif principal de cette rencontre était de jeter les bases d’une restructuration en profondeur de la filière et de renforcer la traçabilité de l’or extrait sur le territoire national.

Ces discussions étaient dirigées par le Pr Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique. Autour de la table se trouvaient des figures clés de l’administration camerounaise : le Directeur général des Douanes, le Directeur général des Impôts, le Directeur général du Trésor, le Directeur général de la SONAMINES, le Secrétaire permanent du SNPPK, ainsi que d’autres hauts cadres du MINMIDT. Leur présence soulignait l’importance interministérielle de cette initiative.

Une stratégie globale contre la fraude aurifère

Les participants ont souligné l’urgence de renforcer la coordination entre les diverses entités gouvernementales impliquées dans la gestion de l’or. Cette synergie est jugée indispensable pour atteindre plusieurs buts : optimiser la perception des recettes fiscales, endiguer efficacement les circuits informels de l’or, et, par conséquent, maximiser les bénéfices pour l’État tirés de l’exploitation minière. Cette concertation est perçue comme le prélude à une collaboration intensifiée, cruciale pour l’avenir économique du pays.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large où les autorités camerounaises multiplient les efforts pour mieux encadrer l’exploitation de leurs richesses minières. Face à un pillage massif de ses ressources aurifères, le gouvernement du Cameroun a enclenché une vaste campagne, combinant des actions judiciaires et économiques, dans le but d’assainir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’or et de lutter contre le trafic d’or au Cameroun.

Des pertes colossales pour l’économie nationale

La nécessité d’agir est devenue criante suite aux révélations de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Ces données ont mis en lumière une divergence alarmante : alors que les registres douaniers camerounais ne faisaient état que de 22 kilogrammes d’or exportés, les déclarations d’arrivée aux Émirats arabes unis indiquaient plus de 15 tonnes d’or d’origine camerounaise. Cet écart flagrant est la preuve d’une contrebande d’envergure, occasionnant des pertes financières considérables pour l’économie.

L’estimation de ce manque à gagner est stupéfiante : la contrebande d’or aurait coûté au Cameroun plus de 2 000 milliards de FCFA sur une période de cinq ans. Plus précisément, le déficit fiscal direct, c’est-à-dire les impôts et taxes non perçus par l’État, s’élèverait à 165 milliards de FCFA. Ces chiffres dramatiques renforcent la détermination du gouvernement à combattre résolument le trafic d’or au Cameroun.

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