Le 16 juin 2026 marque une date significative pour les ménages maliens, confrontés à une aggravation notable de la pression fiscale. Par un communiqué officiel, le Ministère de l’Économie et des Finances a dévoilé un ensemble de mesures drastiques : la taxe sur la consommation, affectant directement les biens de première nécessité comme le pain, le riz, l’huile et le sucre, voit son taux doubler, passant de 1 % à 2 %. À cela s’ajoutent des surtaxes sur les transactions financières et les salaires, complétées par un prélèvement trimestriel obligatoire de 10 000 FCFA sur chaque fiche de paie.
Si les justifications avancées par le ministre Alousséni Sanou – notamment le soutien aux forces armées, l’aide aux populations des zones d’insécurité et le développement des infrastructures routières – sont légitimes, ces annonces ont été accueillies avec une profonde consternation par une population déjà éprouvée. Dans les discussions animées des fadas de Bamako et sur les marchés de l’intérieur, une interrogation persistante et délicate émerge : « Où va l’argent de l’or ? »
L’or brille à l’international, le peuple malien souffre au national
Le Mali, troisième producteur d’or du continent africain, a vu ses autorités de la transition Mali vanter une reprise en main historique de ses richesses minières. Cette nouvelle politique malienne est intervenue après l’adoption d’un nouveau code minier et des renégociations fermes avec les multinationales étrangères. Des centaines de milliards de francs CFA d’arriérés miniers ont été récupérés, et la participation de l’État dans les projets a été légalement portée jusqu’à 35 %. Parallèlement, les cours mondiaux du métal jaune continuent d’atteindre des sommets historiques.
Dès lors, l’incompréhension est totale. Comment justifier qu’au moment même où le sous-sol malien est censé générer des revenus sans précédent pour l’État, le gouvernement se voie contraint de puiser dans les poches des travailleurs, des fonctionnaires et des ménages, déjà étranglés par une inflation galopante ? Si l’or du Mali est enfin censé « briller pour les Maliens », comme le promettait le slogan politique, pourquoi est-ce le panier de la ménagère qui doit subir cet ajustement financier ?
Le « sacrifice patriotique », une limite à la patience citoyenne
Le communiqué ministériel réitère un appel au « civisme » et au « sacrifice patriotique ». Mais le patriotisme peut-il s’alimenter indéfiniment de privations, surtout quand le coût de la vie quotidienne devient insoutenable ? Taxer le pain, le riz et le savon – des produits essentiels à la survie des familles les plus modestes – sous prétexte d’un effort de guerre semble indiquer une asphyxie financière de l’État. C’est une actualité Mali qui pèse lourdement sur les épaules des citoyens.
Le consentement à l’impôt ne peut être pérenne que s’il est fondé sur une transparence absolue. Associer l’effort de Mali sécurité au prélèvement direct sur le salaire des travailleurs, tout en maintenant l’opacité sur l’utilisation réelle des immenses dividendes miniers, risque de fragiliser le pacte de confiance essentiel entre le peuple et ses dirigeants, remettant en question la souveraineté Mali sur ses propres ressources.
Exiger la transparence des comptes
Financer la Mali sécurité du territoire et moderniser les infrastructures routières sont des impératifs que personne ne conteste. Cependant, imposer une double peine fiscale aux citoyens sans présenter un bilan clair et audité des recettes générées par le secteur de l’or crée un sentiment d’injustice profonde.
Le gouvernement du Mali se doit de répondre à cette exigence légitime de redevabilité. Avant de demander aux Maliens de serrer encore d’un cran une ceinture déjà bien trop étroite, il est urgent de jeter une lumière crue sur la destination des revenus de nos mines. Les Maliens sont prêts à soutenir leur armée, mais ils refusent de payer le prix fort pendant que l’or du pays semble s’évaporer dans les méandres des budgets non documentés, une question cruciale pour le Mali Souverain.