
Lors du Conseil des ministres du mercredi 20 mai 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré des instructions claires et exigeantes à l’équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Cette réunion a tracé une feuille de route ambitieuse, plaçant le gouvernement face à une obligation de résultats sur des thématiques cruciales telles que le dialogue national, le suivi de l’efficacité publique, la modernisation de l’état civil et l’amélioration de l’accès à l’eau.
Dès le début de son allocution, le chef de l’État est revenu sur la prochaine Journée du Dialogue national, initialement prévue pour le 28 mai. Compte tenu du calendrier religieux, il a décidé d’adapter cette initiative en privilégiant des entretiens individuels avec diverses personnalités influentes du pays.
« À compter de demain, je recevrai d’anciens Premiers ministres et d’anciens ministres, notamment ceux ayant eu en charge les portefeuilles des finances et de la sécurité intérieure », a-t-il précisé. Le président a également annoncé que d’autres figures nationales et des représentants des forces vives seraient consultés ultérieurement. Par cette approche, Bassirou Diomaye Faye vise à renforcer les consensus autour des priorités nationales et à impliquer un éventail plus large d’acteurs dans la réflexion sur la situation économique, sociale, sécuritaire et politique du Sénégal.
Un autre point central de ses directives a été le renforcement du suivi de l’action gouvernementale, une mission directement confiée au Premier ministre Ousmane Sonko et à ses collaborateurs. « Une mise en œuvre optimale de l’Agenda national de Transformation requiert une évaluation systématique des politiques publiques et un suivi rigoureux du travail gouvernemental », a-t-il affirmé avec insistance.
Dans cette optique, une réforme du fonctionnement du Conseil des ministres a été annoncée. « Le Conseil des ministres se tiendra désormais une semaine sur deux, pendant une période déterminée, afin de consolider la culture d’évaluation des impacts de l’action du Gouvernement », a déclaré le chef de l’État. Bassirou Diomaye Faye a ainsi clairement instruit l’exécutif à ancrer une culture de reddition des comptes et de performance.
« Chaque membre du Gouvernement devra procéder à l’évaluation des directeurs généraux et directeurs des entités placées sous sa responsabilité, tutelle ou contrôle », a-t-il exigé. Cette exigence de contrôle s’étend aux administrations territoriales et diplomatiques. Le président a demandé au ministre de l’Intérieur d’évaluer les chefs de circonscription administrative et au ministre des Affaires étrangères de surveiller les performances des chefs de mission diplomatique et consulaire.
Concernant les collectivités territoriales, il a chargé le ministère compétent de collaborer avec les acteurs concernés pour élaborer « un dispositif pertinent d’évaluation des maires et présidents de conseil départemental ». Sur le volet budgétaire et administratif, le chef de l’État a salué l’achèvement de la troisième sphère ministérielle de Diamniadio, qu’il a présentée comme un instrument essentiel de rationalisation des dépenses publiques.
Il a également appelé à l’accélération de plusieurs dossiers stratégiques. « Il est impératif d’engager la phase finale de validation du Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuel 2026-2028, d’optimiser le délai de passation des marchés publics et de préparer minutieusement les conférences budgétaires », a-t-il souligné.
La gestion de l’état civil a été identifiée comme une urgence majeure lors de ce Conseil des ministres. Face aux lacunes constatées dans le système actuel, Bassirou Diomaye Faye a établi un calendrier strict. « Un Plan d’Urgence de Renforcement de la Gestion de l’État civil devra être présenté avant la fin du mois de juin 2026 », a-t-il ordonné au ministre en charge des Collectivités territoriales.
Le président a insisté sur la nécessité d’une réforme profonde. « Il est primordial d’accélérer la digitalisation intégrale de l’état civil, de garantir la fiabilité des documents et d’assurer une conservation adéquate et sécurisée des registres et archives », a-t-il martelé. Dans cette même dynamique, des concertations nationales devront être organisées avant fin août 2026 pour renforcer la gouvernance de ce secteur vital.
L’accès à l’eau potable a également fait l’objet d’une attention particulière du chef de l’État. Constatant les difficultés persistantes dans plusieurs localités, notamment Touba, Kaffrine, Louga et Keur Massar, il a exigé des mesures immédiates. « Toutes les mesures urgentes doivent être prises afin d’améliorer significativement l’accès des populations à l’eau », a-t-il enjoint au ministre de l’Hydraulique, en étroite collaboration avec la SONES, l’OFOR et la SEN’EAU.
À quelques semaines de la Coupe du monde 2026, Bassirou Diomaye Faye a enfin adressé un message de soutien vibrant aux Lions du Sénégal. « Au nom de la Nation, j’adresse un message de mobilisation, d’encouragement et de soutien aux Lions », a-t-il déclaré, demandant au ministère des Sports et à la Fédération sénégalaise de football de prendre « toutes les dispositions complémentaires idoines » pour garantir une participation réussie du Sénégal au Mondial.