Lomé, le 10 juin 2026 — L’Assemblée nationale du Togo a approuvé, lors de sa troisième séance plénière de la première session ordinaire, quatre projets de loi destinés à renforcer la sûreté nucléaire et la gestion des risques radiologiques. Cette adoption marque une avancée significative dans l’alignement de la législation nationale sur les standards internationaux.
Présidée par le président de l’Assemblée, le professeur Komi Selom Klassou, la séance a vu la participation de Robert Koffi Messan Eklo, ministre délégué chargé de l’Énergie. Les députés ont validé en première lecture les textes permettant au Togo d’adhérer à quatre conventions internationales : la Convention sur la sûreté nucléaire (Vienne, 1994), la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et des déchets radioactifs (1997), la Convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire (1986) et la Convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou d’urgence radiologique (1986).
L’objectif est de doter l’État d’un cadre réglementaire solide pour superviser les activités scientifiques, prévenir les risques de contamination et garantir le respect des protocoles de sécurité.

« Le nucléaire est une énergie d’avenir, utile dans plusieurs secteurs clés : la production d’électricité, la santé, l’industrialisation, l’agriculture ou encore l’élevage », a rappelé Aklesso Atcholi, président de l’UNIR. « Mais il est essentiel d’établir et de maintenir un haut niveau de sûreté pour protéger les personnes, les biens et l’environnement. »
Les technologies radiologiques offrent des perspectives de développement importantes, notamment dans le traitement médical ou l’optimisation agricole, mais leurs implications environnementales exigent une vigilance constante. En ratifiant ces conventions, le Togo améliore ses capacités internes d’anticipation et accède aux mécanismes internationaux d’assistance mutuelle et de partage d’informations en temps réel en cas de crise.
« Ces projets de loi traduisent une démarche cohérente : nous ne faisons pas seulement le choix d’une énergie d’avenir ; nous choisissons le plus haut standard de sécurité qui l’accompagne », a affirmé le ministre Eklo. « Ratifier ces textes, c’est envoyer un signal fort à la communauté internationale : le Togo est un État moderne, responsable et rigoureux. »

Pour le président de la représentation nationale, le professeur Komi Selom Klassou, cette réforme consacre une doctrine de responsabilité collective face aux crises transfrontalières.
« Instruit par l’histoire tragique de Tchernobyl, le Togo est convaincu que face à des risques d’une telle ampleur, aucun État ne peut agir seul », a-t-il argué, replaçant ces textes dans une vision globale de protection des populations et de diplomatie pacifique.
Conformément au fonctionnement du système parlementaire togolais, ces quatre textes de loi seront transmis dans les prochains jours au Sénat pour un examen dans les mêmes termes. Une fois cette étape franchie et les lois promulguées, le Togo achèvera sa mutation institutionnelle, liant son horizon technologique à l’exigence de la sécurité publique.