Le gouvernement gabonais a officiellement ouvert mardi à Libreville les travaux des conférences budgétaires, une étape décisive dans l’élaboration du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Ces assises, annoncées par un communiqué gouvernemental, s’inscrivent dans un calendrier rigoureux pour garantir un budget transparent et équilibré.
Deux phases distinctes pour un budget réaliste
Les conférences se structurent en deux temps forts. La première phase, dite ministérielle, se tient du 14 au 17 juillet. Elle rassemble les principaux responsables des ministères afin d’aligner leurs propositions sur les objectifs nationaux. La seconde phase, technique, se déroule du 20 au 24 juillet au sein des administrations sectorielles. Elle mobilise les acteurs clés comme les gestionnaires de programme, les représentants de l’État et les experts de la Direction générale du budget ainsi que du Commissariat général au plan et au développement.
L’objectif ? Évaluer la fiabilité des prévisions de recettes, analyser la soutenabilité des dépenses envisagées et identifier les besoins de financement des institutions publiques. Ces échanges permettront de poser les bases d’un budget 2027 « sincère, réaliste et soutenable », comme le souligne le communiqué officiel.

Un cadre stratégique aligné sur les priorités nationales
Ces travaux s’appuient sur plusieurs cadres de référence. Ils intègrent les orientations du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, ainsi que les conclusions du débat d’orientation budgétaire du 27 juin et les échanges parlementaires sur la loi de finances rectificative 2026. Les engagements issus de la conférence des chefs d’État de la CEMAC, tenue à Brazzaville en janvier 2026, y sont également pris en compte.
Les participants devront traduire dans les choix budgétaires les priorités définies par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, notamment lors de son discours sur l’état de la Nation du 15 juin 2026. Ces orientations visent à renforcer la mobilisation des ressources publiques et à améliorer l’efficacité de la dépense.
Un budget 2026 ajusté pour une meilleure maîtrise
Pour l’exercice 2026, le budget de l’État a été révisé à la baisse à 5 495,2 milliards de francs CFA, contre 6 358,2 milliards initialement prévus. Cette baisse de 862,9 milliards de francs CFA reflète un ajustement des prévisions de recettes dans un contexte économique difficile et une volonté de maîtriser les dépenses publiques. Les priorités de ce budget incluent le développement des infrastructures, le renforcement des politiques sociales et la consolidation des finances publiques, dans un cadre de transition économique et institutionnelle.
Thierry Minko, ministre de l’Économie, a insisté sur la nécessité de faire émerger des propositions cohérentes avec le document de cadrage macroéconomique et budgétaire 2027-2029. Il a souligné l’importance d’aligner l’action publique sur les priorités nationales définies par les autorités.