Limogeage du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko par le président bassirou diomaye faye

Le président Bassirou Diomaye Faye remplace Ousmane Sonko à la tête du gouvernement sénégalais

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a annoncé, ce vendredi, le limogeage de son Premier ministre Ousmane Sonko, figure emblématique de la scène politique nationale. Cette décision intervient après des mois de tensions croissantes entre les deux hommes, portés au pouvoir en avril 2024 par un mouvement populaire sans précédent.

Les partisans d’Ousmane Sonko célèbrent son retour devant son domicile dakarois, le 23 mai 2026.

Dans un communiqué diffusé par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, le chef de l’État a officialisé la fin des fonctions de Sonko et, par conséquent, la dissolution du gouvernement dans son ensemble. Les ministres et secrétaires d’État en poste sont désormais chargés des affaires courantes, tandis qu’aucune annonce n’a été faite concernant la nomination d’un successeur.

Des divergences politiques qui s’aggravent

Dès son arrivée au pouvoir, le tandem Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnait l’espoir d’une nouvelle ère pour le Sénégal. Pourtant, les désaccords entre les deux hommes n’ont cessé de s’intensifier. Sonko, ancien opposant farouche à l’ex-président Macky Sall, avait vu sa candidature à la présidentielle de 2024 invalidée en raison d’une condamnation judiciaire. Il avait alors choisi de soutenir Faye, qui a remporté le scrutin.

Son influence croissante au sein du parti au pouvoir, ainsi que ses prises de position radicales, ont progressivement alimenté les tensions. Début mai, Bassirou Diomaye Faye avait publiquement pointé du doigt une « personnalisation excessive » de Sonko au sein de la formation politique majoritaire.

« Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre », avait-il déclaré lors d’une interview télévisée.

Un rassemblement spontané à Dakar

À peine quelques heures après l’annonce de son limogeage, Ousmane Sonko a retrouvé ses partisans devant son domicile du quartier Keur Gorgui, à Dakar. « Alhamdoulillah. Ce soir, je dormirai le cœur léger », a-t-il confié sur les réseaux sociaux. Des centaines de sympathisants se sont rassemblés pour le saluer, manifestant ainsi leur soutien indéfectible.

Les partisans d’Ousmane Sonko expriment leur soutien après son éviction, le 23 mai 2026.

Quelques heures plus tôt, Sonko avait marqué les esprits lors d’un discours au Parlement en dénonçant une « tyrannie » de l’Occident, qu’il accuse de vouloir « imposer l’homosexualité au reste du monde ». Cette sortie s’inscrit dans un contexte de durcissement des lois sénégalaises contre les relations homosexuelles, adoptées quelques semaines plus tôt.

Un avenir politique encore flou

Malgré la domination de son parti à l’Assemblée nationale depuis les législatives de novembre 2024, Ousmane Sonko voit son horizon politique s’assombrir. Une réforme du code électoral, adoptée fin avril, lui ouvre pourtant la voie pour une candidature à la présidentielle de 2029. Son charisme et son discours panafricaniste continuent de séduire une jeunesse sénégalaise en quête de changement.

De son côté, Bassirou Diomaye Faye, dont la popularité reste inférieure à celle de son rival, tente de consolider son assise politique. Le mouvement « Diomaye Président » laisse entrevoir une éventuelle candidature pour 2029, dans un contexte économique particulièrement tendu.

Selon le Fonds monétaire international, le Sénégal affiche une dette publique équivalente à 132 % de son PIB, héritage des politiques du précédent gouvernement. En 2024, le nouveau pouvoir avait accusé l’administration sortante de masquer cette réalité, entraînant la suspension d’un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars.

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