Présidentielle 2029 : la réforme électorale de Bassirou Diomaye Faye peut-elle permettre à Ousmane Sonko de se présenter ?
Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, vient de signer un décret promulguant une réforme du code électoral qui pourrait bouleverser le paysage politique à l’approche de la présidentielle de 2029. Cette initiative, perçue comme un tremplin pour son Premier ministre, Ousmane Sonko, suscite des remous au sein du Pastef où des tensions internes persistent.
Le président Faye a officialisé le texte par un décret présidentiel ce week-end, confirmant ainsi les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs semaines. Cette loi électorale controversée redéfinit notamment les conditions de déchéance des droits civiques, un sujet brûlant depuis la condamnation judiciaire d’Ousmane Sonko en 2023.
La promulgation de cette réforme intervient après un parcours législatif mouvementé. Le projet de loi avait été adopté une première fois par l’Assemblée nationale le 28 avril 2025, avant que le président Faye ne demande une nouvelle lecture, invoquant des « erreurs matérielles ». Une décision qui avait provoqué des critiques au sein du Pastef, certains y voyant une manœuvre pour retarder l’adoption du texte et servir des intérêts personnels.
Un texte électoral qui divise le Pastef
Les divergences entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se sont amplifiées ces dernières semaines, alimentant les spéculations sur l’avenir politique du duo. Le 9 mai 2025, les députés ont finalement adopté la réforme pour la seconde fois, permettant au président de la promulguer officiellement. Parmi les changements majeurs introduits par cette loi, on note une limitation à cinq ans de la durée de la déchéance des droits civiques, contre une durée indéterminée auparavant.
Cette modification rétroactive a immédiatement fait réagir les observateurs. En effet, Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef, avait été condamné en 2023 à six mois de prison avec sursis pour diffamation, une décision confirmée par la Cour suprême en janvier 2024. Cette condamnation l’avait empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2024, poussant Bassirou Diomaye Faye à endosser le rôle de candidat du parti.
Ousmane Sonko pourrait-il enfin briguer la présidence en 2029 ?
La nouvelle loi électorale semble avoir été conçue pour lever les obstacles juridiques qui pesaient sur l’éligibilité d’Ousmane Sonko. Après son élection comme député en novembre 2024, il avait renoncé à son siège pour conserver son poste de Premier ministre. Pourtant, la question de son éligibilité reste au cœur des débats politiques.
La Cour suprême avait rejeté en juillet 2025 un ultime recours introduit par Ousmane Sonko, relançant les interrogations sur ses chances de se présenter en 2029. Avec cette réforme, le leader du Pastef pourrait enfin voir ses droits civiques rétablis d’ici cinq ans, lui ouvrant la voie vers l’Élysée sénégalais.