L’OL et le spectre des éliminations estivales avant le match retour contre le Sparta Prague
Défaite (1-2) à l’extérieur lors du 3e tour préliminaire aller de la Ligue des champions face au Sparta Prague, l’Olympique Lyonnais doit désormais se montrer impitoyable ce mardi à 21 heures pour éviter un quatrième échec estival en C1. Un scénario qui rappelle cruellement les trois revers mémorables de l’histoire du club en août, aux portes de l’Europe.
Pour se qualifier face aux Tchèques, l’OL doit impérativement l’emporter ou, à défaut, limiter la casse pour prolonger son parcours en Ligue des champions. Mais le club rhodanien porte sur ses épaules le poids de trois éliminations estivales douloureuses, qui ont marqué son histoire européenne. Retour sur ces échecs qui résonnent encore comme des avertissements.
Août 1999 : le choc des novices face à Maribor
En 1999, l’OL fait ses grands débuts en Ligue des champions après avoir attiré l’attaquant brésilien Sonny Anderson, alors l’un des transferts les plus onéreux de l’histoire du football français. Porté par des ambitions européennes inédites, le club termine troisième de Ligue 1 et aborde la compétition avec confiance. Pourtant, dès le 3e tour préliminaire, la réalité frappe fort : les Lyonnais s’inclinent à domicile (0-1) contre le modeste NK Maribor, un but slovène de Filipovic (89e) scellant leur sort.
Le retour en Slovénie est encore plus cuisant. L’OL, alignant des joueurs comme Tony Vairelles, Alain Caveglia ou Grégory Coupet, s’incline (0-2) avec des buts de Simundza et Balajic. Le lendemain, la presse titre sans détour : « Lyon, le bide de l’été ». Reversé en Coupe UEFA, le club est éliminé en 16es de finale par le Werder Brême. Une saison 1999-2000 décevante s’annonce, avec une troisième place en championnat et des parcours tronqués en coupes nationales.
Août 2013 : la revanche humiliante de la Real Sociedad
Quatorze ans plus tard, l’OL a bien changé. Sept titres de champion de France en poche et une demi-finale de Ligue des champions atteinte en 2010, le club est désormais un habitué des grandes scènes européennes. Pourtant, en août 2013, l’histoire se répète. Après avoir éliminé le Grasshopper Zurich au 3e tour préliminaire, les Lyonnais affrontent en barrages la Real Sociedad, club qu’ils avaient jugé trop fragile pour leur centre de formation quelques années plus tôt.
Antoine Griezmann, autrefois rejeté par Lyon, brille sous les couleurs basques. Au match aller à Gerland, il ouvre le score d’une volée acrobatique (17e), avant que Seferovic n’aggrave le score (49e). Le retour à Anoeta est tout aussi cruel : un doublé de Carlos Vela (67e, 90e+1) scelle l’élimination (0-2). Reversé en Ligue Europa, l’OL atteint les quarts de finale mais termine cinquième en Ligue 1, avec une saison 2013-2014 loin des attentes.
Août 2014 : l’humiliation face à l’Astra Giurgiu
L’été 2014 marque le troisième et dernier échec estival de l’histoire du club. Bernard Lacombe, alors vice-président, résumera l’élimination avec des mots crus : « On s’est fait allumer par une équipe de baltringues qu’on ne connaissait pas ! » Face à l’Astra Giurgiu, modeste club roumain, l’OL s’incline d’abord à domicile (1-2) malgré l’ouverture du score de Steed Malbranque. Les buts de Fatai (71e) et Budescu (81e) sur penalty scellent le sort des Gones.
Le match retour en Roumanie tourne à l’avantage lyonnais (1-0, but de Jordan Ferri), mais la règle des buts marqués à l’extérieur en cas d’égalité ne suffit pas. Ce revers signifie la fin de dix-huit années consécutives de présence européenne pour l’OL. Une humiliation difficile à digérer pour un club qui se targuait de sa régularité au plus haut niveau.
Cette série noire de 1999, 2013 et 2014 reste gravée dans la mémoire collective des supporters lyonnais. Trois éliminations estivales qui rappellent que même les plus grands clubs ne sont pas à l’abri d’un revers cuisant dès les premiers tours. Ce mardi, l’OL a l’opportunité de briser cette malédiction face au Sparta Prague.