Maître axel foumane : un inventaire national pour protéger le patrimoine gabonais

Alors que des révélations sur des immeubles publics occupés par des particuliers alimentent l’actualité gabonaise, l’intervention d’un officier ministériel s’impose comme une évidence. Maître Axel Foumane Dounga, huissier de justice à Libreville, plaide pour la réalisation d’un inventaire complet du patrimoine de l’État. Une telle démarche, selon lui, pourrait transformer la gestion des biens publics et renforcer la transparence institutionnelle.

Une gestion publique à clarifier

Les dernières informations concernant des immeubles étatiques dont les revenus échapperaient à l’administration soulèvent une question centrale : comment un État peut-il administrer efficacement un patrimoine dont il ignore les contours exacts ? Pour Maître Axel Foumane Dounga, la réponse réside dans l’établissement d’un inventaire national fiable, à jour et juridiquement solide. « On ne peut protéger ou valoriser un patrimoine sans en connaître précisément chaque élément », souligne-t-il.

Cette initiative dépasse le cadre d’une simple vérification administrative. Elle représente une réforme structurelle essentielle pour la gouvernance publique. En identifiant chaque bien, son statut juridique, son occupation et ses revenus potentiels, l’État gagnerait en efficacité et en équité dans l’allocation de ses ressources.

Le rôle clé des huissiers de justice dans ce processus

Pourquoi confier cette mission aux huissiers de justice ? Parce que leur statut d’officiers publics ministériels leur confère une légitimité unique. « Nous sommes des acteurs neutres, chargés de constater des situations avec impartialité et de leur donner une force probante », explique le juriste. Leur intervention garantirait trois principes fondamentaux :

  • La neutralité des opérations : chaque constat est réalisé sans parti pris, assurant une représentation fidèle de la réalité.
  • Une documentation précise : localisation exacte des biens, description détaillée, identification des occupants, vérification des titres d’occupation.
  • Une valeur juridique incontestable : les procès-verbaux établis par les huissiers ont une portée légale, utilisable devant toutes les juridictions.

Contrairement à un simple recensement interne, cette approche transforme l’inventaire en un outil opérationnel, sécurisé et opposable à toute contestation.

Des objectifs concrets pour une gouvernance renforcée

Quels bénéfices concrets pourrait apporter un inventaire national du patrimoine public ? Plusieurs priorités se dégagent :

  • L’identification exhaustive des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’État.
  • La vérification des statuts juridiques : titres de propriété, baux, occupations irrégulières, appropriations indues.
  • La détection des pertes de recettes : loyers non perçus, biens sous-exploités ou détournés.
  • L’optimisation de la valorisation : décision éclairée sur l’affectation, la vente ou la mise en location des biens publics.

Au-delà de la simple comptabilité, cet outil permettrait d’éradiquer les occupations frauduleuses et de rationaliser l’exploitation des ressources étatiques. « Une gestion transparente du patrimoine public est un pilier de la confiance citoyenne », rappelle Maître Foumane.

Un levier majeur contre la corruption et les détournements

La maîtrise du patrimoine public constitue un rempart contre les abus de pouvoir. Lorsqu’un État connaît avec exactitude l’étendue et la localisation de ses biens, les possibilités de détournement, de conflit d’intérêts ou de corruption se réduisent considérablement. « Chaque bien identifié et documenté limite les zones d’ombre où peuvent se développer des pratiques illégales », insiste l’huissier de justice.

Cette initiative offrirait également aux autorités un outil d’aide à la décision stratégique :

  • Mieux exploiter les actifs publics pour financer des projets sociaux.
  • Éviter les gaspillages en réaffectant les biens sous-utilisés.
  • Renforcer la redevabilité des gestionnaires publics.

Un appel solennel aux plus hautes autorités

Face à l’urgence de moderniser la gestion publique, Maître Axel Foumane Dounga lance un appel aux plus hautes instances de l’État. « Dans un contexte où les attentes en matière de transparence et de responsabilité sont plus fortes que jamais, le Gabon doit se doter d’une cartographie exhaustive de son patrimoine », déclare-t-il. Pour l’officier ministériel, cet inventaire ne serait pas seulement une mesure administrative, mais un héritage pour les générations futures.

Il conclut : « Protéger efficacement un patrimoine, c’est d’abord le connaître. Cette opération enverrait un signal fort : celui d’une gestion moderne, responsable et au service de tous les citoyens. »

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