Mali : l’armée malienne endeuillée par l’attaque de Dioura, un bilan humain très lourd
Le camp militaire de Dioura, situé dans la région de Mopti, a été la cible d’une attaque d’envergure le 10 septembre. Selon des informations concordantes, près de 80 soldats maliens auraient perdu la vie. Le JNIM a revendiqué la prise de cette position stratégique des FAMa avant de se retirer. Des militaires sont par ailleurs portés disparus et d’autres auraient été capturés.
- Terrorisme

Dans la nuit du 10 septembre, le camp de Dioura, l’un des plus grands du centre du Mali, a été attaqué. Cette emprise militaire abritait plusieurs centaines de soldats, un effectif équivalent à environ un bataillon. Les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) ont réussi à s’infiltrer dans l’enceinte après des combats intenses. Ils ont revendiqué la prise du camp avant de s’en retirer. Des vidéos diffusées par le groupe montrent ses hommes se déplaçant à l’intérieur de Dioura après l’assaut. On y voit plusieurs corps de soldats gisant au sol, des installations en flammes et des stocks de motos incendiés. Ces images confirment la présence des jihadistes dans le camp, sans toutefois permettre d’établir avec certitude l’ampleur du bilan humain.
Selon les informations recueillies auprès de deux sources proches du ministère malien de la Défense, qui ont requis l’anonymat, plus de 80 militaires auraient été tués lors de cette attaque. Un bilan qui pourrait encore s’alourdir, précisent ces mêmes sources. De nombreux soldats sont également portés disparus, tandis que d’autres ont été faits prisonniers.
L’état-major reste silencieux sur ses pertes
L’armée malienne a officiellement reconnu l’attaque de Dioura. Dans un communiqué, l’état-major indique avoir lancé des « opérations aéroterrestres contre les assaillants » et affirme avoir neutralisé « plusieurs dizaines de terroristes ». Des motos et des pick-up auraient également été détruits. L’état-major n’a fourni aucune information sur le nombre de militaires maliens tués, blessés, disparus ou capturés. Les mercenaires russes de Africa Corps, engagés aux côtés des FAMa dans plusieurs secteurs du pays, ne sont pas positionnés à Dioura.
Une position déjà visée par le JNIM
Le camp de Dioura a déjà payé un lourd tribut aux attaques jihadistes. En mai 2025, le JNIM avait tué une quarantaine de militaires lors d’une offensive contre cette même position. La nouvelle attaque démontre une fois de plus la capacité du groupe à concentrer des combattants contre des emprises militaires importantes, à les investir temporairement puis à se retirer. Dioura s’ajoute à une série d’opérations récemment revendiquées par le JNIM. Le groupe a notamment annoncé une embuscade contre un convoi de l’armée malienne et de l’Africa Corps près de Sikasso. À Sofara, une autre attaque avait fait au moins onze morts parmi des soldats russes et des chasseurs dozos.