Médiation africaine : Lomé au cœur des efforts pour la paix en RDC

la médiation africaine renforce sa coordination pour la paix dans l’est de la RDC

La quête d’une solution durable à la crise qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension avec la tenue d’une réunion d’évaluation semestrielle à Lomé. Organisée sous l’égide du président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour la région des Grands Lacs, cette rencontre a permis de dresser un bilan des avancées enregistrées depuis le début de l’année.

Du 7 au 8 juin 2026, les acteurs clés de la médiation africaine et leurs partenaires internationaux se sont réunis pour évaluer les progrès réalisés. Cette session, qui fait suite à une étape ministérielle conduite par le ministre togolais de la Coopération et des Togolais de l’extérieur, a été marquée par des échanges constructifs sur les orientations à donner au processus de paix dans les mois à venir.

une architecture de médiation renforcée pour une action plus cohérente

Lors de cette réunion, Faure Gnassingbé a salué la présence des facilitateurs désignés par l’Union africaine, ainsi que des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la Communauté de développement de l’Afrique australe, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et du Comité international de la Croix-Rouge. Leur engagement constant en faveur de la stabilité et de la paix dans la région a été souligné comme un gage de sérieux pour la suite des opérations.

Le médiateur de l’Union africaine a mis en avant les progrès réalisés depuis la réunion de janvier 2026, qui avait permis de structurer davantage l’architecture de la médiation africaine. Ces avancées, selon lui, marquent une étape importante vers une meilleure coordination des efforts diplomatiques et politiques engagés pour mettre fin à la crise dans l’Est de la RDC.

« Nous avons franchi une étape importante depuis le mois de janvier en mettant davantage d’ordre dans l’architecture de la médiation africaine. Je suis convaincu que cette rencontre marque une avancée significative dans l’amélioration de notre action collective et dans la recherche de solutions durables à cette crise. »

M. Gnassingbé a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence, la complémentarité et la coordination entre les différents mécanismes de médiation. Il a également rappelé l’importance d’une mobilisation collective et soutenue pour garantir la stabilité, la paix et la sécurité dans cette région en proie à l’instabilité.

des facilitateurs de haut rang pour des thématiques spécifiques

L’architecture de la médiation africaine repose sur une équipe de facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains, chacun étant responsable d’un domaine précis. Cette organisation vise à garantir une approche globale et équilibrée du processus de paix. Voici les principaux acteurs et leurs missions :

  • Olusegun Obasanjo (Nigéria) : chargé des questions militaires et sécuritaires.
  • Sahle-Work Zewde (Éthiopie) : responsable des enjeux humanitaires.
  • Uhuru Kenyatta (Kenya) : supervise le dialogue avec les groupes armés locaux.
  • Mokgweetsi Masisi (Botswana) : pilote les questions liées à la coopération économique régionale.
  • Catherine Samba-Panza (République centrafricaine) : s’occupe des dossiers relatifs à la société civile, à la réconciliation et aux questions de genre.

Cette équipe est soutenue par un Secrétariat conjoint indépendant, associant le Togo, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est, la Communauté de développement de l’Afrique australe et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. La Commission de l’Union africaine assure quant à elle la coordination avec les partenaires internationaux, incluant les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

vers une paix durable dans la région des Grands Lacs

La réunion de Lomé s’inscrit dans le prolongement des efforts diplomatiques déployés ces derniers mois pour stabiliser l’Est de la RDC. Lors de la précédente rencontre en janvier 2026, les facilitateurs avaient déjà mis en place une feuille de route visant à renforcer la confiance entre les parties, faire avancer le dialogue et veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.

Cette initiative avait réuni autour d’une même table un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, ainsi que plusieurs partenaires internationaux. Elle avait également permis de dévoiler l’architecture de la médiation africaine pour le processus de paix dans l’Est de la RDC, selon un document consulté par nos équipes.

Pour le médiateur de l’Union africaine, la poursuite de cette mission avec humilité, détermination et persévérance reste essentielle. Malgré les défis, il a souligné l’existence de nombreuses bonnes volontés prêtes à accompagner cette quête de paix.

« Nous poursuivrons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Malgré les difficultés, nous constatons également l’existence de nombreuses bonnes volontés prêtes à nous accompagner dans cette recherche de la paix. »

Cette dynamique collective, combinée à une coordination renforcée entre les acteurs régionaux, continentaux et internationaux, pourrait bien être la clé pour consolider les acquis et favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Réunion autour du médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, à Lomé.

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