Menace jihadiste au Mali : le jnim en passe de dominer le pays

menace jihadiste au Mali : le jnim en passe de dominer le pays

Iyad Ag Ghali, chef du JNIM

Le Mali fait face à une escalade sans précédent de la présence des groupes armés djihadistes. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, multiplie les attaques sur l’ensemble du territoire, malgré les efforts militaires déployés par les autorités de Bamako et leurs partenaires. Emboscades contre les forces armées, assauts de postes stratégiques, contrôles illicites d’axes routiers : cette organisation gagne du terrain chaque jour, menaçant la stabilité du pays et de toute la région sahélienne.

une stratégie d’implantation méthodique

Le JNIM ne se contente plus d’opérations ponctuelles. Il met en œuvre une stratégie d’enracinement territorial qui exploite les failles de l’État malien. En s’immisçant dans les conflits intercommunautaires, en s’appuyant sur l’absence de services publics et en imposant des systèmes de taxation parallèle, le groupe construit une alternative à l’autorité étatique. Cinq villages de la région de Bandiagara, dans le centre du pays, ont été ciblés la semaine dernière, illustrant cette expansion inquiétante.

Contrairement aux idées reçues, le JNIM ne se limite pas à une guérilla mobile. Il développe des réseaux locaux, impose des règles de vie et tente de s’imposer comme une autorité incontournable. Dans certaines zones rurales, il remplace même l’État défaillant, offrant une forme d’ordre là où l’administration a disparu.

le défi de la souveraineté malienne face à la menace terroriste

Depuis le retrait des forces françaises et le renforcement des partenariats sécuritaires avec d’autres acteurs, Bamako mise sur une souveraineté militaire pour contrer la menace. Pourtant, malgré ces changements, les violences persistent et les groupes armés conservent une grande liberté de mouvement.

Les accusations de violations des droits humains impliquant les forces maliennes et certains alliés étrangers s’accumulent, alimentant les tensions internes et réduisant les possibilités de dialogue. La junte au pouvoir, qui rejette ces allégations, dénonce des campagnes de déstabilisation orchestrées de l’étranger.

le Sahel, un théâtre de rivalités aux conséquences dramatiques

La crise au Mali s’inscrit dans un contexte plus large de fragmentation régionale. Plusieurs puissances internationales et régionales cherchent à étendre leur influence dans le Sahel, tandis que les groupes jihadistes exploitent les divisions entre États, les frontières poreuses et l’effondrement des coopérations sécuritaires.

Le risque ? Une normalisation progressive de l’insécurité, où ni l’État ni les groupes armés ne parviendraient à contrôler durablement le territoire. La question se pose : jusqu’où iront-ils ? La récente réduction de la présence des mercenaires du groupe Africa Corps dans les zones de conflit laisse planer le doute sur l’avenir sécuritaire du pays.

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