Une tournée diplomatique en Afrique de l'Est se transforme en nouveau front rhétorique entre Moscou et Kiev. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé des ressortissants ukrainiens de soutenir le M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, aux côtés du gouvernement congolais et du Burundi. L'Ukraine a rejeté cette accusation dès le lendemain.
Lavrov s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais Édouard Bizimana, à l'issue d'une audience avec le président Évariste Ndayishimiye — actuel président en exercice de l'Union africaine. Il évoque une agression du M23 «soutenu par des représentants étrangers, parmi lesquels figurent également des Ukrainiens », sans détailler la nature de cette présence ni produire d'élément à l'appui. Le M23, mouvement armé sanctionné par les Nations unies, contrôle de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis la prise de Goma en janvier 2025. Plusieurs rapports d'experts onusiens documentent son approvisionnement par les Forces de défense rwandaises.
Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, qualifie les propos de Lavrov de désinformation dépourvue de fondement. Il accuse en retour la Russie d'armer des groupes en violation des sanctions internationales et de recruter des ressortissants d'États africains pour combattre contre l'Ukraine. Selon Tykhyi, Moscou chercherait à fragiliser la médiation américaine engagée dans la région des Grands Lacs.
Ces deux précédents placent le démenti ukrainien sur la RDC dans une position fragile. Au Mali, un porte-parole officiel avait revendiqué un rôle avant de se rétracter. Au Soudan, l'ambiguïté a persisté sans jamais être tranchée. Sur le M23, aucune source ukrainienne, officielle ou non, n'a pour l'instant établi de lien. Le dossier congolais reste, à ce stade, non documenté, tandis que Lavrov poursuit sa tournée diplomatique avant le troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre.