Mouvements politiques au Sénégal après la nomination du gouvernement faye

Gouvernement sénégalais : des dissensions au sein du pastef après la nomination

Malgré l’annonce d’un boycott par Ousmane Sonko, son parti, le Pastef, compte plusieurs représentants dans le nouveau gouvernement formé par Bassirou Diomaye Faye.

Illustration des tensions politiques au Sénégal

Le président Bassirou Diomaye Faye a officialisé lundi la composition de son nouveau gouvernement, intégrant certains membres et alliés du Pastef, le parti de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Pourtant, ce dernier avait clairement indiqué que son mouvement ne participerait pas à cette administration.

Cette nomination survient seulement dix jours après le limogeage d’Ousmane Sonko par le chef de l’État, également issu du Pastef. Depuis, Sonko occupe la présidence de l’Assemblée nationale, marquant une rupture avec Faye après des mois de tensions croissantes.

Une alliance brisée et des divergences persistantes

Les deux hommes, autrefois alliés indéfectibles et vainqueurs de l’élection présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye », ont vu leur relation se dégrader au fil des mois. Les désaccords se sont intensifiés, notamment après la condamnation d’Ousmane Sonko pour diffamation, l’empêchant de se présenter à la présidentielle. Bassirou Diomaye Faye avait alors pris sa place, mais des divergences sont apparues entre eux.

Les tensions ont atteint un point culminant en juillet 2025, lorsque Sonko, alors Premier ministre, avait critiqué publiquement le président, évoquant un « problème d’autorité » au sein du pays. Début mai 2026, Faye avait lui-même pointé du doigt la « personnalisation excessive » de l’action gouvernementale par son ex-Premier ministre au sein du parti.

Le boycott confirmé par le Pastef

Quelques heures avant la publication de la liste ministérielle, Ousmane Sonko a réaffirmé, via un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux, que le Pastef ne participerait pas au gouvernement. Il y explique avoir échangé longuement avec le président Bassirou Diomaye Faye, mais des désaccords profonds subsistent, notamment sur le rôle et la place de la majorité au sein de l’exécutif.

« Après restitution aux instances du parti, de nouvelles propositions ont été soumises au président de la République, sans obtenir de réponse favorable », précise le texte. « En conséquence, le Pastef – Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et ne sera représenté par aucun ministre », conclut le communiqué.

Des figures du Pastef intégrées malgré tout

Malgré cette décision, plusieurs alliés et membres moins médiatisés du parti figurent dans le nouveau gouvernement. Parmi eux, Moussa Bala Fofana, nommé ministre de l’Urbanisme, et Yankhoba Diémé, qui occupe le poste de ministre des Forces armées.

Le président Faye a par ailleurs reconduit plusieurs ministres de l’ancien gouvernement, comme Cheikh Diba aux Finances, Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation ou encore Cheikh Tidiane Dièye en charge de l’Assainissement.

Un gouvernement formé après des concertations

La liste des 30 ministres a été validée après des « concertations d’usage avec toutes les parties concernées », a indiqué le nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Ce dernier a rappelé l’importance, pour un homme d’État, de placer « la patrie et la République au-dessus des considérations partisanes ».

La cérémonie de présentation du gouvernement a été retransmise en direct sur la chaîne publique, la RTS.

Un tournant politique majeur

Cette nomination marque un nouveau chapitre dans la vie politique sénégalaise, après la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux figures emblématiques du mouvement « Sonko mooy Diomaye ». Leur alliance, forgée lors de la campagne électorale victorieuse de 2024, semble désormais compromise, plongeant le pays dans une période d’incertitude.

Le Sénégal, déjà confronté à une crise financière majeure, doit désormais faire face à des divisions au sein de sa majorité présidentielle, remettant en cause la cohésion gouvernementale et la stabilité politique.

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