Début novembre 2025, la police judiciaire de Niamey a procédé à l’interpellation de six journalistes, une action dénoncée comme une atteinte grave à la liberté d’informer. Parmi eux, trois professionnels des médias sont actuellement maintenus en détention arbitraire. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), via l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, exigent leur libération immédiate.
Une répression judiciaire ciblée contre les journalistes
Le 2 novembre 2025, six figures du paysage médiatique nigérien ont été arrêtées : Moussa Kaka, Abdoul Aziz Idé, Ibro Chaibou, Youssouf Seriba, Oumarou Kané et Souleymane Brah. Ils font face à des accusations de « complicité dans la diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public », en s’appuyant sur la loi sur la cybercriminalité modifiée en juin 2024. Ces poursuites exposent les concernés à des peines allant de deux à cinq ans de prison.
Détentions et pressions persistantes
Alors que Ibro Chaibou, Youssouf Seriba et Oumarou Kané ont été incarcérés à la prison de haute sécurité de Kollo, les trois autres journalistes ont été libérés sous caution, tout en restant sous le coup de poursuites judiciaires. Ces arrestations font suite à la couverture médiatique d’une invitation émanant du « Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie » (FSSP) et à la tenue d’un débat intitulé « le club de la presse ».
- Intimidation médiatique : L’Observatoire souligne que ces poursuites visent à museler la presse nigérienne.
- Contexte autoritaire : Cette situation s’inscrit dans un climat de restriction de l’espace civique depuis le coup d’État de juillet 2023.
- Appel international : Les organisations demandent l’abandon des charges contre l’ensemble des journalistes et une révision de la législation sur la cybercriminalité, jugée contraire aux standards internationaux des droits humains.
Le harcèlement judiciaire semble devenir une pratique courante au Niger, comme en témoigne également la situation d’autres journalistes, tels que ceux de la radio Sahara FM à Agadez, dont certains demeurent en détention préventive. La communauté internationale appelle les autorités nigériennes à garantir le droit fondamental à la liberté d’expression.