Niger : le discours de Lamine Zeine à l’ONU et le trou de 25 milliards de la SONIDEP

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À la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations unies, Ali Mahaman Lamine Zeine, Premier ministre du régime militaire nigérien, a prononcé un discours souverainiste. Mais les chiffres révèlent un fiasco industriel : la SOMAÏR et la SONIDEP accumulent les pertes. Explications.

Un discours sous le signe de la souveraineté

Devant les émissaires internationaux, le Premier ministre nigérien a repris les slogans du CNSP : « réappropriation des ressources nationales », « indépendance économique » et « rupture avec le néocolonialisme ». Une rhétorique qui contraste avec la situation des entreprises publiques.

La SOMAÏR : une production d’uranium en chute libre

Depuis la reprise en main de la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR) et l’éviction du partenaire français Orano, la production d’uranium a chuté d’environ 80 %. Les causes : rupture des chaînes d’approvisionnement, blocages logistiques et difficultés à exporter le yellowcake.

Conséquences : les sous-traitants ne sont plus payés, les emplois disparaissent et les recettes fiscales attendues s’évaporent.

La SONIDEP : un déficit abyssal de 25 milliards de FCFA

La Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP), chargée de la commercialisation du brut via le pipeline vers le Bénin, afficherait une perte de plus de 25 milliards de francs CFA. Un gouffre financier qui interroge sur la gestion des ressources pétrolières.

Des questions sans réponses

Face à cette situation, le tandem Tiani-Zeine invoque les sanctions internationales ou la mauvaise gestion passée. Pourtant, des questions demeurent :

  • Où sont les rapports d’audit promis après le coup d’État de juillet 2023 ?
  • Comment sont négociés les contrats de vente du pétrole et de l’uranium ?
  • À quoi servent les recettes encaissées si les entreprises publiques font faillite ?

La souveraineté, une notion à géométrie variable ?

La véritable souveraineté se mesure aux résultats concrets : des entreprises qui créent de la valeur, des salaires payés à temps et une transparence sur les finances publiques. En l’état, le discours souverainiste masque mal la faillite industrielle du pays.

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