Nigeria : l’armée nigériane marque un tournant historique dans la lutte contre les groupes jihadistes au lac Tchad

La fin d’une ère : un bilan militaire record ébranle les groupes jihadistes

Le Nigeria entre dans une nouvelle phase de sa lutte antiterroriste. Depuis avril 2025, l’armée nigériane a infligé un revers stratégique sans précédent aux factions de Boko Haram et de l’ISWAP dans le bassin du lac Tchad. Les chiffres communiqués par le général Abdulsalam Abubakar, lors d’un point presse à Maiduguri, révèlent une offensive d’une ampleur inédite : plus de 1 100 insurgés neutralisés, des centaines de civils libérés et un arsenal militaire démantelé. Une avancée majeure qui redessine le paysage sécuritaire de la région.

Des pertes humaines et matérielles dévastatrices pour les insurgés

Les opérations menées dans les bastions traditionnels des groupes armés ont porté un coup dur à leur capacité opérationnelle. Les forces armées ont détruit 1 106 combattants, tandis que 475 armes à feu et une quantité importante de munitions ont été saisies. Sur le terrain, 295 engins explosifs improvisés (EEI) ont été neutralisés, réduisant significativement la menace qui pèse sur les populations et les convois militaires. Ces actions menées dans la forêt de Sambisa, les monts Mandara et les zones frontalières ont permis de fragiliser durablement les infrastructures logistiques des jihadistes.

Une stratégie centrée sur l’asphyxie des réseaux de soutien

L’armée nigériane a ciblé avec précision les chaînes d’approvisionnement des insurgés. Grâce à une collecte de renseignements ciblée, 758 logisticiens et complices présumés ont été arrêtés. Ces arrestations visaient à couper les vivres aux combattants, en bloquant les flux de nourriture, de carburant et de matériel de communication. Une tactique payante, qui a accéléré la fragmentation des mouvements jihadistes.

Le début d’une vague de redditions et la libération des otages

La pression militaire a également provoqué un mouvement de désengagement massif. Depuis le lancement des offensives, 969 personnes ont quitté les rangs des groupes armés ou ont déposé les armes, dont des combattants et leurs familles. Une dynamique encourageante qui reflète l’affaiblissement des structures de commandement et la perte de légitimité des groupes jihadistes. Parallèlement, les opérations de sauvetage ont permis la libération de 638 civils, principalement des femmes et des enfants enlevés lors de raids précédents. Ces rescaps, pris en charge par des programmes de réintégration, ouvrent la voie à une reconstruction sociale dans les zones libérées.

Un espoir fragile face à une menace toujours présente

Si ces avancées marquent un tournant dans le conflit, la prudence reste de mise. Le conflit, qui dure depuis 2009, a déjà causé plus de 40 000 morts et déplacé plus de deux millions de personnes dans la région. L’ISWAP, dissidence de Boko Haram, conserve une capacité de nuisance via des attaques ciblées et l’utilisation d’EEI. Le nouveau commandement de l’opération HADIN KAI hérite d’une situation complexe : consolider les gains militaires tout en restaurant la confiance des populations locales et en facilitant leur retour dans des zones encore instables.

Vers une paix durable : les défis à relever après l’offensive

Le bilan est prometteur, mais l’histoire récente du Nigeria rappelle que la victoire militaire ne suffit pas à elle seule. La reconstruction des zones ravagées par une décennie de violence, la réintégration des ex-combattants et le rétablissement de l’autorité de l’État dans les territoires libérés restent des priorités. Pour les autorités, l’enjeu est double : éviter une résurgence des groupes armés tout en créant les conditions d’un retour progressif à la normale pour des milliers de déplacés. La route vers la stabilité est encore longue, mais ces résultats donnent enfin un souffle d’optimisme dans une région longtemps en proie au chaos.

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