Nouveau siège du GIABA à Abidjan : un pas décisif contre la finance illicite en afrique de l’ouest

Un engagement fort de la Côte d’Ivoire dans la lutte anti-blanchiment

Abidjan, Deux-Plateaux – La Côte d’Ivoire franchit une étape majeure dans sa lutte contre les flux financiers illicites. Ce mercredi, le ministre Adama Coulibaly, en charge de l’Économie et des Finances, a officiellement inauguré le nouveau siège du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) à Abidjan. Une cérémonie symbolique qui marque l’aboutissement d’un projet ambitieux, porté par une volonté politique affirmée.

Lors de son discours, le ministre a souligné l’importance de cette infrastructure moderne : « Nous remettons aujourd’hui des locaux entièrement opérationnels, conçus pour renforcer les échanges d’expertises et de bonnes pratiques. Ce siège incarne l’engagement de la Côte d’Ivoire à soutenir les efforts du GIABA dans la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme. »

Un accord historique pour une mission régionale

Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale initiée il y a plus d’une décennie. En 2010, la CEDEAO avait validé la création de deux centres dédiés à la lutte contre les flux financiers illicites : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les nations francophones et lusophones. Un protocole d’accord avait été signé en 2014 à Yamoussoukro, scellant ainsi l’installation du GIABA en Côte d’Ivoire.

Ce nouveau siège, fruit de cette collaboration, vise à centraliser les actions de sensibilisation, de formation et de documentation au service des États membres. Une avancée majeure pour harmoniser les pratiques et renforcer la coopération transfrontalière.

Des résultats concrets et une vision d’avenir

Le ministre Adama Coulibaly a également mis en avant les progrès accomplis par la Côte d’Ivoire. Grâce à l’accompagnement du GIABA, le pays a respecté les échéances fixées par le GAFI pour renforcer son dispositif national de lutte contre le blanchiment. Une performance saluée par les autorités, qui appelle désormais à une mobilisation collective.

Edwin Harris Junior, Directeur général du GIABA, a exprimé sa gratitude envers le gouvernement ivoirien, notamment le Président Alassane Ouattara, pour son soutien indéfectible. « Ce siège reflète la confiance placée en notre organisation et la détermination des autorités à combattre la criminalité financière en Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré.

Un outil stratégique pour les pays francophones et lusophones

Le Général Idrissa Touré, président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), a salué cette initiative comme un levier essentiel pour la région. « Ce Centre va impulser une dynamique inédite en matière de recherche, de coopération et d’action. Il deviendra un hub incontournable pour les États francophones et lusophones », a-t-il affirmé.

Cette inauguration a rassemblé les acteurs clés du secteur : représentants des ministères des Affaires étrangères, de la Justice et du Plan, ainsi que des partenaires internationaux comme le PNUD et l’Unicef.

Une étape supplémentaire vers une Afrique de l’Ouest plus résiliente face aux menaces financières transnationales.

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