Lors d’une séance parlementaire marquée par une forte mobilisation, le Premier ministre Ousmane Sonko a exposé, ce 22 mai 2026, les grandes lignes de sa stratégie économique axée sur la création d’emplois et le renforcement de la souveraineté nationale. Face aux députés réunis en Assemblée nationale, il a réaffirmé l’urgence de transformer le marché du travail sénégalais pour répondre aux attentes d’une jeunesse en quête d’opportunités durables.
l’emploi, pilier d’une politique économique ambitieuse
Ousmane Sonko a placé l’insertion professionnelle au cœur de son programme gouvernemental, insistant sur la nécessité de passer d’une logique d’assistance à une dynamique de création de richesse collective. « L’emploi n’est pas une option, c’est une obligation pour notre développement. Je m’engage, en tant que chef du gouvernement, à générer des milliers d’opportunités pour nos jeunes », a-t-il déclaré avec fermeté. Cette promesse s’inscrit dans un contexte où le chômage des jeunes atteint des niveaux critiques, exigeant des solutions structurelles et immédiates.
Le Premier ministre a toutefois tempéré les attentes en rappelant les contraintes budgétaires et économiques. « Créer des emplois massifs est un défi, mais nous y parviendrons en combinant les efforts de l’État, des entreprises locales et des investisseurs », a-t-il précisé. Selon lui, cette approche permettra de concilier croissance économique et justice sociale, sans sacrifier la rigueur financière.
le patriotisme économique, nouvelle feuille de route
Une avancée majeure a été évoquée lors de cette intervention : la préparation d’un projet de loi dédié au patriotisme économique. Ce texte, dont les contours ont été esquissés, vise à ancrer davantage les activités industrielles et commerciales dans le territoire national. L’objectif ? Assurer une participation significative des Sénégalais dans les secteurs clés, tout en maintenant des partenariats stratégiques avec les acteurs internationaux.
« Nous ne rejetons pas les investisseurs étrangers, mais nous exigeons que nos nationaux occupent une place centrale dans les décisions économiques. C’est une question de dignité et de souveraineté », a souligné Ousmane Sonko. Il a cité en exemple des secteurs comme l’agroalimentaire, les mines ou encore les nouvelles technologies, où la valorisation des compétences locales sera prioritaire.
un secteur privé national à structurer
Pour concrétiser ces ambitions, le gouvernement mise sur un secteur privé sénégalais plus organisé et compétitif. « Un tissu entrepreneurial solide est le garant d’une économie résiliente. Nous devons le soutenir sans réserve, car c’est lui qui portera notre croissance et réduira le chômage », a-t-il expliqué. Le Premier ministre a appelé à une collaboration étroite entre l’État et les entreprises, via des incitations fiscales, des formations adaptées et un accès facilité au financement.
Cette stratégie s’accompagne d’une volonté de transparence et de redevabilité, afin de garantir que les fonds publics soient utilisés de manière optimale. « Chaque franc investi doit servir l’intérêt général et profiter au plus grand nombre », a-t-il insisté, évoquant une gestion rigoureuse des ressources nationales.

Face à une conjoncture économique complexe, Ousmane Sonko a également évoqué la nécessité de réformer certains mécanismes de subvention, notamment dans le domaine de l’énergie, pour libérer des marges de manœuvre budgétaires. « La rigueur ne doit pas rimer avec austérité pour les citoyens. Nous cherchons l’équilibre entre équité sociale et viabilité économique », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation nationale autour de ces enjeux cruciaux.