Le cadre légal est sans ambiguïté, mais la réalité des faits interroge. L’accord aérien récemment révisé entre l’Union européenne et le Maroc exclut explicitement le Sahara occidental, pourtant des compagnies aériennes européennes continuent d’y opérer des vols en toute illégalité selon le droit international.
Ce 8 juillet 2026, les députés européens ont massivement approuvé, par 625 voix pour, 16 contre et 20 abstentions, le protocole ajustant l’accord euro-méditerranéen sur l’aviation. Ce texte, purement technique, intègre simplement l’adhésion de la Croatie à l’UE sans modifier la portée territoriale de l’accord initial.
Un vote technique aux implications politiques
Le protocole ne change rien à la situation sur le terrain : il se limite à adapter l’accord existant à l’élargissement de l’Union. Pourtant, la question du Sahara occidental reste au cœur des débats. Certains parlementaires ont justifié leur soutien en soulignant que le texte ne s’étend pas au territoire contesté, conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE (CJUE).
En 2018, la CJUE avait clairement statué : les accords UE-Maroc ne peuvent s’appliquer qu’aux frontières internationalement reconnues du Maroc, sauf accord explicite du peuple sahraoui. La Commission européenne a réitéré cette position, rappelant aux transporteurs aériens que l’accord sur l’aviation « ne couvre pas les liaisons entre les États membres et le Sahara occidental ».
Des compagnies aériennes en infraction
Malgré cette clarification juridique, plusieurs opérateurs maintiennent des vols vers les aéroports de Dakhla et El Aaiún. Parmi eux, Ryanair exploite des liaisons directes depuis l’Europe, tandis que Transavia (filiale de KLM-Air France), Air Arabia et Binter Airlines ont également desservi ces destinations ces dernières années. Royal Air Maroc, compagnie nationale marocaine, complète cette liste.
Cette situation crée une contradiction flagrante entre la lettre des textes européens et leur application concrète. Les compagnies concernées, contactées pour s’expliquer, n’ont pas répondu à nos sollicitations.
L’accord récemment validé par le Parlement européen confirme donc une approche strictement formelle, laissant persister un flou juridique aux conséquences bien réelles pour les populations du Sahara occidental.